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Tome II.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

» autres, mais je me tromperois moy-même. Or, voicy le fait :

» En 1749, il y eut une révolution à la Cour de France, et» tous les esprits étoient animés contre M mc la marquise de» Pompadour, parce qu’on croyoit qu’elle en e'toit la cause, et» en même temps, on disoit que ses ennemys cherchoient à s’en» venger en l’envovant à l’autre monde, et ce bruit étoit si vray,» qu’il se répandit jusque dans Marseille, où mon compagnon» d’infortune, M. d’Alègre, un an après moy, vint, à peu près» sur le même prétexte, se faire fourrer à la Bastille. Mais pour» revenir à mon affaire à moy, à force d’entendre dire partout» que ses ennemys cherchoient à l’envoyer à l’autre monde, je» crus luy rendre un grand service et luy sauver la vie, en luy» envoyant un Symbole hiéroglyphique instructif et relatif à ce» que j’avois ouï dire, afin de la faire tenir sur ses gardes contre» leurs entreprises.

» Mon Symbole hiéroglyphique étoit une boëte de carton, où» j’y avois mis dedans une poudre grotesque, que j’avois com-« posée moy-même, qui n’avoit aucune vertu nuisible, et cela fut» prouvé par plusieurs expériences, et en outre, je m’offris sur-» Je-champ à en faire toutes sortes d’épreuves sur moy-même.» Cette boëte ayant été mise à la poste le 27 avril 1749, je fus» à Versailles dire ces propres paroles à M me la marquise de» Pompadour : qu’il y avoit environ quatre heures qu’en me pro-» menant aux Thuilleries, deux personnes s’e'toient rencontrées» tout auprès de moy et qu’elles s’étoient dit tout bas : « Eh» bien! est-ce fait? » et que l’autre avoit répondu : « Je t’assure» que demain elle ne couchera pas avec le Roy », et que m’étant» douté qu’il se passoit quelque chose de mauvais contre elle, je» les avois suivis et vus mettre un paquet à la poste, et que je» venois l’avertir de se tenir sur ses gardes contre toutes sortes de» paquets; que ma boëte étant arrivée, je fus grandement remercié» et qu’on m’avoit présenté un présent d’argent, mais que je» l’avois refusé; que je ne voulus pas le recevoir absolument, en» luy disant que je m’estimois trop récompensé d’avoir eu le» bonheur de luy rendre service, et en même temps, je luy■» recommanday fortement de se tenir sur ses gardes contre toutes» sortes de paquets; que je fus prié d’aller rendre compte de tout■» cela à M. le comte d’Argenson, et qu’elle me donna le sieur» Quesnay, son médecin, pour m’y accompagner; et qu’après»■ luy -avoir rendu compte, ce Ministre m’envoya à .M. Berryer,