■PAPIERS.. DE LA BASTILLE -
•4.I-I
» lieutenant ge'ne'ral de police, et que celui-cy m’envoya à la» Bastille, où je luy de'claray tout ce qui s’e'toit passé, et que« quatre mois après, de la Bastille j’avois été' transféré dans le» donjon de Vincennes, et que quatorze mois après j’avois» échappé de cette prison, le 2b juin 1750, à une heure après-» midi, sans faire aucune fracture, c’est-à-dire qu’ayant trouvé» toutes les portes ouvertes, que je m’étois enfui, et qu’au bout» de six jours après, ne me sentant coupable d’aucun crime, je» m’étois livré moy-même comme un agneau entre les mains» paternelles du Roy par l’entremise du sieur Quesnay, son» médecin ordinaire; que je ne croyois pas, par cet acte de» bonne foi, forcer Sa Majesté à me faire grâce, mais à me» rendre la justice qui m’e'toit due; que, sur mon adresse que» j’avois envoyée à Quesnay, j’avois été arrêté et mis à la» Bastille dans un cachot pendant dix-huit mois, et ensuite dans» une chambre ordinaire, et mis en compagnie avec M. d’Alègre;» mais qu’après sept années de souffrance, vu qu’on avoit abusé» de la confiance que j’avois mise dans l’équité du Roy, et ne» voyant aucune fin à mes maux, j’avois échappé une seconde» fois de la Bastille avec d’Alègre, la nuit du 2b au 26 de février» dernier, et que j’étois venu me réfugier en Hollande...., etc.....
» Voilà, Messieurs, leur dis-je, de point en point tout ce qui» m’est arrivé, et je vous prie de me dire nettement ce que vous» pensez et ce que vous me conseillez de faire ». Or, voicy lesparoles qu’ils me dirent :
« S’il y avoit eu quelque chose de nuisible dans votre boëte,« les flatteurs pourroient vous faire une querelle d’allemand, vous» dire que vous pouviez mourir en chemin, et luy arriver de» mal à elle (sic). Secondo, si vous aviez pris l’argent qui vous fut» offert, on pourroit vous traiter de fripon. Tertio, si vous aviez» compromis quelqu’un, ce seroit un crime, mais n’y ayant rien» de nuisible dans votre boëte et l’ayant encore avertie à l’avance» de son arrivée, et sans luy inspirer aucun mauvais soupçon» directement contre ses ennemys connus, et n’ayant pas voulu» recevoir son présent, et le bruit courant réelLement qu’on» cherchoit à l’envoyer à l’autre monde, cela n’est:: point un» crime. C’est un service, mais voicy ce qui empoisonne votre» service : M me la marquise de Pompadour a le pouvoir sou-» verain en main; c’est elle qui donne tous les employa, et l’on» peut croire aisément que par le moyen de votre boëte, .vous