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Tome II.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

» vouliez vous introduire dans ses bonnes grâces, et par ce» moyen obtenir quelque bonne charge. Cependant, vu toutes» ces circonstances, et à prendre votre affaire par le plus mauvais» côte', au pis aller on ne peut vous accuser que d’avoir voulu» surprendre son amitié', vous introduire dans ses bonnes grâces» par une fable officieuse, et cela n’est pas un cas de sept anne'es» de prison; mais ce qu’il y a de surprenant et même qui e'tonne,» c’est de ce que, après votre première e'vasion, après vous êtrea livre' ge'ne'reusement vous-même entre les mains du Roy, on» ait abuse' de votre bonne foi, et dans un temps où vous» aviez de'jà souffert plus que vous n’aviez me'rite'. C’est indigne» d’abuser ainsy de la confiance. »

Ge'ne'ralement, tous se re'crièrent extrêmement sur ce point.Enfin, leur re'sultat fut « qu’à prendre mon affaire à la rigueur,» en ôtant la raison qui m’avoit fait agir, c’est-à-dire le bruit qui« couroit qu’on cherchoit à l’envoyer à l’autre monde, et que» j’avois refuse' le pre'sent qui me fut offert, que cela n’e'toit pas» un cas à mériter plus d’une année de prison, et par conséquent,» que je pouvois équitablement demander à M rae la marquise de» Pompadour le dédommagement de la perte de mon temps et» des maux qu’elle m’avoit fait souffrir injustement depuis six» années », et en même temps, ils me conseillèrent de commencerà demander cette réparation poliment, et que si elle ne se rendoitpoint à la prière et qu’elle me forçât d’en venir aux invectives,aux menaces de la décrier, qu’alors je devois me cacher avecsoin, crainte qu’elle ne me fit assassiner.

Nota. — Tous les amis que j’avois consultés dans Paris m’a-voient dit de même que la marquise de Pompadour m’avoit fortmaltraité, et que si je pouvois avoir le bonheur de sortir horsdu Royaume, que je n’aurois pas de la peine à me faire biendédommager. Ainsy, ceux de Paris et les personnes sages d’Ams-terdam, tous me conseillèrent de demander un dédommagement.Mais moy, malgré les conseils, j’écrivis à M me la marquise dePompadour, et au lieu de luy demander un dédommagement dela perte de mon temps et des maux qu’elle m’avoit fait souffririnjustement; je luy demanday humblement pardon du malheurque j’avois eu de luy avoir déplu : je la priay de faire attentionque si Dieu pouvoit être trompé, qu’il ne feroit point un crimeimpardonnable à celuy qui luy auroit dit une fable officieusepour tâcher de mériter ses. bon nés grâces, et que si elle ôtoit la