LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
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paresse et force' à faire ce qu’il m’avoit promis, mais les de'monsdu marquis de Marigny sçeurent rendre tous mes efforts im-puissans de ce côte'-là, et voicy comment :
Cy-dessus je vous ay fait voir que le 22 octobre, j’avois envoyé
un gros paquet de mes papiers à ma mère.
Premièrement. — J’avois dit à ma mère de copier une lettre qu’ily avoit dedans de sa propre main, et de l’envoyer à M. de Sartinepour le prier d’avoir la bonté de me rendre ma liberté, ouqu’enfin elle alloit partir pour venir se jetter aux pieds du Roy
et luy demander la justice qui m’étoit due.
Secondo. — Vous venez de voir que j’avois dit à ma mère
d’écrire à ce magistrat. Je suis sûr de la tendresse de ma
mère; je sçais que sans hésiter elle donneroit sa propre vie pourme retirer de la peine où je suis, et l’on peut me croire sansjurer que je ferois de même à son égard. Si elle avoit reçeu a bonport mon paquet et mes instructions, je suis certain qu’ellen’auroit point tardé encore dix jours à partir pour venir se jetteraux pieds du Roy, et voicy le discours que je luy avois envoyé :
« Sire, à mon âge, je viens de faire plus de cent soixante-dix» lieues, non pas pour vous demander une grâce : j’ay mon fils» qui, depuis le i er mai 1749, est détenu en prison dans le donjon» de Vincennes; que s’il a eu le malheur d’avoir commis le» moindre de tous les crimes, je viens supplier Votre Majesté de» le faire mourir publiquement. Mais s’il est innocent, Grand» Roy, daignez me rendre mon cher fils : il vous a rendu» plusieurs services notables, et en voicy les preuves. Nota. —» En luy présentant les copies de mes projets qui sont en» exécution. »
Qui est-ce qui ne connoît pas le bon cœur de Louis XV? Quiest-ce qui ignore qu’il est juste, humain, compatissant? Et jugezsi, en voyant couler les larmes d’nne malheureuse mère, il neluy auroit point rendu un fils innocent qui luy avoit rendu
plusieurs services à luy-méme?.
Or, après dix-sept années de souffrance, terme qui fait frémir,et vingt mois après que ma partie étoit morte, après, dis-je,toutes les promesses authentiques que M. de Sartine m’avoitfaites de me rendre ma liberté au premier jour, je devois m’at-tendre à tout instant qu’il me l’envoyât, parce qu’en honnêtehomme il ne pouvoit plus différer de me la rendre.....
Ainsy, par ce que je viens de vous dire, vous devez voir que