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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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Pour la seconde fois, j’envoyay cette lettre le 2 février 1774.Pour éviter d’ennuyer mes examinateurs, je ne transcriray pointicy la copie de la troisième lettre que j’envoyay à M. de Sartinele 28 février suivant, ni de la quatrième, envoyée le 14 de no-vembre de la dite année, ni de la cinquième, envoyée le 26 defévrier 1774, parce que ce ne sont que des répétitions. Je vaistant seulement transcrire icy celle du 14 mai 1774 :

« Monsieur,

» Si, par pure méchanceté, j’avois eu le malheur d’offenser un» aussy honnête homme que vous, je ne me pardonnerois jamais» moy-même. Vous seroit-il possible d’augmenter ma peine, je» diray toujours que ce n’est point assez? Que si, dans une cap-» tivité de plus de trois cens mois de durée, il est échappé de» ma bouche ou de ma plume quelque parole qui ait pu vous

» déplaire, daignez jetter les yeux sur mon misérable état.. et

» certainement un homme d’esprit comme vous n’aura pas de» peine à concevoir que, dans un aussy long martyre, on n’est» pas toujours maître de soy-même, et par conséquent, vous» devez plutôt attribuer ces offenses à la violence des maux dont

» je suis accablé qu’à la volonté de mon cœur. C’est pourquoy

» je viens en esprit me jetter à vos pieds pour renier mes fautes» supposées, que dans l’excès de mes maux j’aurois pu commettre» à votre égard, car je ne m’en souviens pas, et en même temps» vous en demander pardon. »

« Monsieur, je n’en puis plus : je ne dors ni nuit, ni jour.» Que si vous n’avez pitié de moy dans l’ennuy qui me presse,» je vais perdre totalement l’esprit. Hé! quel plaisir aurez-vous» de me voir prendre par les cheveux et me traîner de force

» dans un cachot?. Daignez donc promptement m’envoyer ce

« bon avocat, ou M. de Lassaigne, notre médecin, ou un de vos

» commis., ou M. Chevalier, major de la Bastille. Celui-cv

■> est un homme de bon sens. Je sçais qu’il vous est fort attaché.» De plus, il est instruit de toutes mes affaires, et par con-» séquent, vous pouvez vous reposer sur luy comme sur vous-» même.

» Monsieur de Sartine, imaginez-vous de me voir en votre» présence, les mains jointes et les larmes aux yeux, vous« demander cette pitoyable grâce. Miséricorde, miséricorde,