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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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FORMATION DE I/EMPIUE ROMAIN.

tants de l’île avaient adopté complètement la langue et lescoutumes de la Grèce ; et rien sous ce rapport ne devait êtrechangé pendant des siècles, jusqu’au jour où la Sicile devaitdevenir, comme au temps des colonies grecques et phéni-ciennes, un champ de bataille entre la race aryenne et larace sémitique, c’est-à-dire jusqu’à l'époque des conquêtesmahométanes.

Sardaigne et Corse (338 av. »T.-C.). — Les deuxgrandes îles de Sardaigne et de Corse semblent tout aussinaturellement dépendre de l’Italie que la Sicile; leur histoirecependant est bien différente, et le rôle qu’elles ont jouédans les annales du monde presque nul. Peuplées originai-rement par une race qui panait se rapprocher beaucoup deséléments non-arvens de l’Espagne et de la Sicile, elles nefurent que très faiblement influencées par la colonisationgrecque. Tombées sous la dépendance de Carthage, ellespassèrentensuite sous celle de Rome, sans pour cela que leurcondition fût notablement changée. C’est dans l’intervallequi sépare les deux premières guerres puniques qu’ellesformèrent une province romaine, laquelle resta toujoursparmi les moins importantes. •

Réunion de la Gaule cisalpine à l’Italie(383-43 av. — Pour être une domination vrai-

ment italienne, il fallait que la puissance romaine arrivâtjusqu'aux Alpes. La conquête de la Gaule cisalpine, cepen-dant, ne peut être séparée de la conquête générale del’Europe occidentale. La conquête de la Gaule et de l’Espagne,en répandant graduellement sur ces deux pays la langue etla civilisation latines, amena la formation de deux desprincipales nations et langues de l’Europe moderne. Mais,c’était là la continuation d’un ordre de choses qui avait déjàcommencé au delà des Alpes, dans les limites de ce quenous pouvons maintenant appeler l’Italie. La Gaule cisalpineétait une conquête étrangère, aussi réellement que l’Espagneou la Gaule transalpine; sauf toutefois que, par sa positiongéographique, elle fut plus aisément conquise que ces deux