LE DEMEMBREMENT DE L'EMPIRE.
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susceptible de figurer sur la carte, et qui joue d’ailleurs dansl’histoire un rôle considérable. Des deux fils de Théodose leGrand, Arcadius eut en partage les provinces orientales, ré-pondant à peu près aux préfectures d’Orient et d’illyrie, etIlonorius les provinces occidentales, c’est-à-dire les préfec-tures d’Italie et de Gaule. Pendant la plus grande partie ducinquième siècle, les successeurs d’Arcadius et d’Honoriusformèrent deux familles distinctes d’empereurs dont les uns,ceux d’Orient, régnaient à Constantinople, et ceux d'Occidentle plus habituellement à Ravenne. En théorie, ils étaienttoujours considérés comme deux collègues se partageantl’administration d’un seul empire romain ; mais, en réalité,tout se passait comme s’il y avait deux empires distincts,celui d’Orient avec la nouvelle Rome ou Constantinople pourcapitale, celui d’Occident ayant généralement pour capitaleRavenne plutôt que l’ancienne Rome.
Position particulière des deux empiresd’Orient et d’Occident. — Ce partage de l’empire donneau cinquième siècle son caractère politique le plus impor-tant. Chacun de ces empires allait hériter d’une partie de lalâche qui incombait à l’Empire en général, depuis son ori-gine; et cela devait entraîner pour chacun d’eux une des-tinée bien différente. L’empire d’Orient allait avoir à luttercontre l’ennemi séculaire en Asie, cet ennemi qui avait étéd’abord le Parthe, puis le Perse régénéré, et c’était là, nousl’avons vu, un rival qui luttait contre Rome avec une puis-sance égale. Cette rivalité qui commença le jour où Romeprit la place des Séleucides, se continua jusqu’au jour où laPerse fut complètement anéantie, où Rome elle-même dutreculer devant les invasions musulmanes. Cependant, si l’onexcepte les conquêtes temporaires de Trajan.et les conquêteségalement temporaires et alternatives de Rome et de laPerse au septième siècle 1 , cette longue lutte fut une simpleguerre de frontières qui ne menaçait pas sérieusement l’exis*
1. Guerres de Chosroès et d’Héraclius (603-628).