120
DIVISION FINALE DE L’EMPIRE.
Bavière et l'Aquitaine. La province sarrasine de Septimanie,conquise par Pépin (752), mit les Francs en possession detoute la Gaule. Les conquêtes de Charlemagne en Italie furentplutôt l'acquisition d’une nouvelle couronne pour le roi desFrancs qu’un véritable agrandissement territorial du royaumefranc. Mais les conquêtes de la Saxe d’un côté, de la Marcheespagnole de l’autre, ainsi que la destruction du royaumepannonien des Avares, furent dans le sens le plus strict desextensions de la domination franque. Et la domination quenous voyons acquérir ainsi tant d’importance, qui s’étendaitmaintenant depuis l’Elbe jusqu’à l’Èbre, était une dominationessentiellement germanique. Les Francs en effet, étaientGermains par le sang, par la langue, et par les idées, maisleur domination s’étendait sur d’autres nations, germaniques,latines, et celtiques, à différents degrés d’incorporation etde sujétion.
Les grands états du huitième siècle. — Ainsi,après les conquêtes des Sarrasins, il y avait en Europe un seulétat purement européen, le royaume des Francs, un seul étatà la fois européen et asiatique, l'Empire romain, dont la capi-tale était à Constantinople, et un état à la fois asiatique,africain et européen, le Califat sarrasin. Ce sont pendant lehuitième siècle les trois grandes puissances du monde, etles autres nations d’Europe et d’Asie qui rentrent dans notresujet sont tout à fait à l’arrière-plan. Mais le Califat, en tantqu’état sémitique et mahométan, ne pouvait être européenque dans un sens géographique, et, même après que les Sar-rasins d’Espagne eurent fondé un nouvel état complètementindépendant, celui-ci n’en conserva pas moins son caractèreexotique. Une partie importante de l’Europe occidentalen’eut plus à obéir au calife de Damas ou de Bagdad; maisl’émirat, devenu plus tard le califat de Cordoue (755), ainsique les royaumes qui sortirent de son démembrement, con-tinuèrent à n’appartenir à l’Europe que géographiquement.C’étaient bien plutôt des parties de l’Asie — et dans la suiteplus spécialement de l’Afrique — qui s’étaient jetées en