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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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164 GÉOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE DE L’EUROPE OCCIDENTALE.

Lyon a appartenu à différentes époques aux rois bourgui-gnons et aux rois francs ; elle a été ville libre de l’Empire,et elle est devenue une ville du royaume de France. Mais,au milieu de tous ces changements, l’archevêque de Lyonest toujours resté le primat de toutes les Gaules, tandis quel’archevêque de Reims avait à côté de lui une position toutà fait différente, comme le premier prélat et le premier pairdu royaume moderne de France. De plus, Paris, qui étaitdevenu la capitale politique de ce royaume, resta jusqu’audix-septième siècle le siège d’un simple évêché.

C’est ainsi que nous verrons presque constamment chaquedivision ecclésiastique perpétuer le souvenir d’un état poli-tique plus ancien. Lorsque l’Empire fut devenu chrétien, ilfut institué autant de patriarcats que de préfectures; ceux-ci furent partagés en districts métropolitains et épiscopaux,qui prirent dans la suite, avec un ordre hiérarchique ren-versé, les noms des divisions civiles ceux de provinces etde diocèses. Lorsque l’Église eut porté sa puissance spiri-tuelle au delà des limites de l’Empire, de nouveaux districtsecclésiastiques furent naturellement formés dans les paysnouvellement convertis. La règle s’établit que chaqueroyaume eût au moins un archevêché; les petites princi-pautés, provinces ou autres divisions, devinrent les diocè-ses des évêques. Mais, par suite des conditions socialesdifférentes où se trouvaient le nord et le sud de l’Europe,une différence notable exista dans l’organisation ecclésias-tique de ces deux régions. Dans le Sud, chaque évêque étaitl’évêque d’une ville; dans le Nord, il était l’évêque d’unetribu ou d’un district. Dans l’Empire, chaque ville avait souévêque; de sorte qu’en Italie et dans la Gaule méridionale,où les villes étaient très rapprochées les unes des autres,les évêques étaient très nombreux et leurs diocèses très pe-tits. Dans la Gaule septentrionale, les villes étaient bien plusrares, et les diocèses plus étendus ; tandis qu’en dehors del’Empire les diocèses, représentant une tribu ou une prin-cipauté, avaient encore plus d’extension. De ceci il résulta