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CATHERINE LE GRAND.-
Lechner, un de ses précepteurs, nous dit ce que fut cette édu-cation. Mademoiselle Davia, la sultane favorite de Bezborodko,la maîtresse intérimaire de Joseph Ribas, et aussi de son frèreEmmanuel, y jouait un rôle considérable. L’élève partageaitson temps entre le salon de cette dame et une loge maçon-nique que Ribas avait établie dans sa maison. Cela n’empêchapas l’Espagnol de commander en 1789 une flottille dans lamer Noire sous les ordres de Patiomkine. Il est vrai qu’entretemps il était devenu le proxénète habituel du favori. C’est àlui que le conquérant de la Tauride devait la connaissance demadame de Witt, « la belle Grecque «, devenue plus tardcomtesse Potocka. L’organisation matérielle du fameux voyagede Crimée fut aussi en partie l’œuvre de Ribas, qui avait l’ima-gination féconde et l’esprit rempli de ressources.
« Ce Ribas, dit encore de lui Langeron, était un homme« extraordinaire et doué des plus rares talents. A force d’espritn il s’était fait bon général, excellent négociateur et même« honnête homme. »
Nous aurons l’occasion de revenir sur cette dernière appré-ciation. La carrière de l’homme auquel elle s’appliquait accen-tue d’un trait vigoureux tout un côté de la physionomie deCatherine que nous aurons à mettre en lumière. La femme quieut un Orlof à ses côtés au moment où elle montait sur letrône et un Zoubof auprès de son lit de mort, devait avoir unRibas dans son entourage. Elle devait aussi arriver à en faireun homme presque utile.