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Autour d'un trône : Catherine II de Russie; ses collaborateurs - ses amis - ses favoris ; avec un portrait en héliogravure / K. Waliszewski
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LA SÉMIRAMIS NORD.

manquée; la tête du cavalier et la partie supérieure du chevaldemeurent absentes. Falconet croit possible de réparer le malen fondant séparément ces morceaux. Il manque dargent. Ildoit s 'impatienter encore jusquen 1777.

Enfin lœuvre est debout. Après avoir malmené lartiste, nelui épargnant ni les critiques ni les quolibets, on saccorde gé-néralement à admirer le résultat de son héroïque labeur ; onapplaudit aux vers de dOrbeil :

Cest par tes soins que le bronze respireSur ce rocher de Thétis apperçu,

Et que le Tsar découvre son empirePlus vaste encor quil ne lavait conçu.

Mais Catherine ne prend pas part à ce concert de louangestardives. Elle voyage en ce moment et pense à auLe chose.Peut-être en veut-elle à lartiste de navoir pas entièrementréalisé le rêve inexprimé quelle porte en elle. Ce cavaber vêtudune tunique de convention avec une peau de panthère pourselle, cet empereur romain au geste protecteur nest pas sonPierre I er , le rude et farouche géant quelle voit, dans un passévoisin delle, créant et façonnant son empire à grands coupsdépée et à grands coups de hache, et quelle sefforce de suivre.Le rocher sur lequel on la posé, ce bloc de granit amené avectant de peine et de frais, ne la satisfait pas non plus entière-ment. Vaguement elle sent quen savisant de le tailler et de lepolir, en le dépouillant de sa couche de moisissure séculaire eten sappliquant à lui donner une apparence de régularité, on afait fausse route. Elle avait révé une chevauchée sublime, enle-vant le grand créateur dans les airs, le faisant planer au-dessusde la ville ouvrage de ses mains : elle aperçoit un gros caillouécrasé par un cheval trop grand pour ce piédestal, le toutpermettant à peine au cavalier de monter avec son regard aupremier étage des maisons voisines.

Nimporte ! lœuvre est belle, et le voyageur qui, arrivant àSaint-Pétersbourg, laperçoit faisant place au large fleuve quePierre sut asservir à son génie et à sa fortune, ne peut sempê-