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L’INTIMITÉ. LE DÉCOR EXTÉRIEUR.
se trouverait pas seulement en tête des confidents masculinsde Catherine : il aurait droit à un rang beaucoup plus élevé.Gretch parle d’une ressemblance frappante constatée par lescontemporains entre l’Impératrice et ce père supposé, et leportrait d’une fille d’Ivan Ivanovitch conservé chez M. M. O.Ribas à Odessa paraît également concluant en ce sens. Je ne sau-rais dire s’il arrivait, en effet, à l’Impératrice, ainsi que l’a affirméun témoin, de baiser la main de l’énigmatique personnage ;mais il est certain qu’elle lui donnait des témoignages d’affec-tion et de déférence très voisins de la piété filiale; qu’elle levisitait fréquemment avant même que l’âge l’eût mis dans lecas de ne pouvoir se rendre à son appel, et se laissait retenir àdîner sans façon, ce qu elle ne fit jamais ailleurs.
Fils naturel du prince Ivan Troubetzkoï et d’une Suédoise,la comtesse Wrede, Betzki avait vingt-six ans, en 1728, quandil fut attaché à la légation de Paris, où il connut la princessed’Ànhalt-Zerbst. Il revint dans la capitale du monde intellec-tuel en 1755 et y contracta d’autres liaisons, qui eurent sur sacarrière ultérieure une influence également importante. Bienacccueilli par les encyclopédistes, fréquentant le salon demadame Geoffrin, il connut Diderot, qui l’initia aux choses del’art, et Rousseau, dont il adopta les vues en matière d’éduca-tion. Il devint ainsi, à son retour en Russie, une espèce d’oraclepour toutes les questions relevant de ce domaine de culturesupérieure avec lequel il s’était trouvé en contact. Une médaillefrappée plus tard le montrera sur une de ses faces avec sonprofil un peu épais, tandis que sur l’autre la Reconnaissanceaccompagnée de ses attributs ordinaires s’accolera à une pyra-mide sur laquelle un médaillon à son chiffre sera attaché parquatre enfants représentant les quatre établissements : Maisond’éducation des enfants trouvés — Académie des Beaux-Arts —Corps des Cadets — Couvent de Smolna, fondés ou réorganiséspar lui. Il dirigea ces établissements. U dirigea aussi, ou pré-tendit diriger le mouvement intellectuel et artistique qui s’yrattachait. Il y montra, les mésaventures de Falconet en témoi-gnent, plus d’esprit autoritaire que de goût, de tact et d’intelli-