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L’ARMISTICE.
4 février.
Les vivres touchent à leur terme, ce qui im-porte d’ailleurs fort peu à l’ennemi, qui, exécutantsa menace de la veille, fait arrêter partout lesconvois d’approvisionnements en marche sur lacapitale. Cependant il consent ensuite à lever cetinterdit exorbitant, qui, s’il eût été maintenu pen-dant quelques heures de plus, menaçait d’avoirdes conséquences déplorables.
Naturellement inquiet des embarras que luisuscite la délégation de Bordeaux, le gouverne-ment y envoie en mission trois de ses membrespour renforcer MM. Jules Simon et Lavertujon :ce sont MM. Arago, Garnier-Pagès et EugènePelletan. En voyant ainsi partir successivementpresque tous les chefs de la défense, un grandnombre d’habitants s’éloignent à leur tour, et, àl’aide de permis de circulation, vont rejoindrepar celles des voies ferrées qui ont pu se rouvrirleur famille en province ou à l’étranger.
5 février.
Une foule compacte se porte aux abords dupont deNeuilly, où s’est établi un marché impro-visé. Les cultivateurs des environs, n’osant pé-nétrer dans la ville par crainte du pillage, ontcentralisé sur ce point la vente de leurs légumes