Buch 
L' armistice et la commune : Campagne de 1870-1871 ; opérations de l'armée de Paris et de l'armée de réserve / par le Général Vinoy
Entstehung
Seite
136
JPEG-Download
 

L’ARMISTICE.

i 5G

leur était pas possible de refuser cette satisfactionconsidérable à leur armée et à leur nation. Quantà la ville elle-même, quelle résistance pouvait-elle opposer à une telle prétention? Comment,sans troupes, puisqu’elles étaient désarmées, au-rait-elle pu songer à engager de nouveau la lutteavec une garde nationale déjà à moitié désorga-nisée, et dont la partie qui subsistait encore man-quait aussi bien d’instruction militaire que debonne volonté et de discipline? Comment surtoutaurait-on pu s’arrêter un seul moment à l’idée dedéfendre une place dont l’ennemi possédait tousles forts, et qu’il pouvait en quelques heures cou-vrir de ses obus et réduire en cendres? Il n’y avaitdonc pas à penser à la résistance, même passive,telle que la conseillait le général Trochu 1 . Biend’autres considérations militaires et politiquesdémontraient encore le danger qu’il y aurait àfaire naître un obstacle nouveau à la conclusiondes négociations engagées avec un ennemi quipouvait contraindre la ville aux extrémités qu’il luiaurait convenu de lui imposer, aussi bien par lasuppression du ravitaillement que par les feux deson artillerie. Il était également illusoire decompter sur le secours des armées de province :le gouvernement savait, par les renseignements

1 A ce sujet, voyez plus loin une lettre de ce général.