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L' armistice et la commune : Campagne de 1870-1871 ; opérations de l'armée de Paris et de l'armée de réserve / par le Général Vinoy
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L’ARMISTICE.

qui le gardait, soit qu’il se sentît trop faible, soitqu’il fût de connivence avec l’émeute, ne fit pasune résistance sérieuse, et toutes les pièces furentinstantanément prises, traînées à bras et con-duites, par la rue Saint-Honoré et la rue de Ri-voli, jusqu’à la place des Vosges. Au parc dePassy, cinq pièces furent également soustraites;mais trois furent reprises aussitôt, et quelquesarrestations eurent lieu. L’armée était malheu-reusement impuissante, à cause de l’effectif insuf-fisant auquel on l’avait réduite, à faire face sur tousles points menacés. Ce jour-là, elle était déjàoccupée à surveiller la Bastille et en même tempsà protéger l’évacuation du 6° secteur. Quant à lafoule, il était bien difficile de lui faire entendreraison par le seul effet de la persuasion : beau-coup de ceux qui aidaient à enlever les canonss’imaginaient réellement qu’ils faisaient acte depatriotisme, et ne songeaient pas qu’ils ne tra-vaillaient en somme que pour un parti dont ilsdevaient bientôt détester et maudire les excès.Cette participation inconsciente d’un grand nombred’individus donnait au mouvement une importanceplus considérable : il n’était pas possible de s’op-poser à l’enlèvement des canons, ni surtout dechercher à les reprendre tout de suite ; il eût falluengager une collision dont le résultat était déjàplus que douteux.