200
L’ARMISTICE.
mandant en chef fait parvenir à tous les comman-dants de secteur les recommandations les plusminutieuses sur la surveillance prudente qu’ilsdoivent exercer le lendemain plus que tout autrejour. En effet, Paris peut être excité encore davan-tage par trois causes qui touchent directementcertaine partie de la population à différents pointsde vue : la résolution que vient de prendre l’As-semblée de siéger à Versailles, la condamnationà mort de Blanqui et de Flourcns, et enfin lasuppression de six journaux qui s’étaient pronon-cés ouvertement contre le gouvernement régulieret pour le parti de l’émeute.
12 mars.
Les craintes conçues la veille n’étaient pasvaines : une grande effervescence agite la cité.Le Comité central fait placarder sur les murs deParis une grande affiche rouge qui porte la signa-ture de ses membres, et qui n’est qu’une longueexcitation à la révolte et à la désertion, à l’adressede l’armée régulière. Le préfet de police et leschefs des secteurs font arracher partout cetteaffiche ; mais très-souvent l’opération est dange-reuse, à cause des obstacles qu’y vient mettre lafoule. Le 9 e secteur est surtout très-turbulent :l’amiral qui le commande donne avis au comman-dant en chef qu’il ne lui est plus possible d’avoir