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L’ARMISTICE.
compromise? Elle était dans des conditions extrê-mement favorables pour résister, et les piècesmêmes qui garnissaient les 'buttes en rendaientencore la défense plus facile : il suffisait de s’enservir. Par malheur, il n’en fut pas ainsi, et il y alieu de le déplorer amèrement. Si ce jour-là lestroupes eussent fait leur devoir aussi bravementqu’elles le firent depuis, tout se fût peut-être bornéà une courte lutte, et les malheurs de tous genresqui devaient suivre notre échec eussent été cer-tainement prévenus et évités
1 Ces pages, auxquelles nous n’avons rien à changer, étaientécrites lorsque nous avons lu, non sans un vif étonnement, ladéposition du général Le Flô devant la commission d’enquête[Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars, tome II,Déposition des témoins, page 79). Le général semble attribuer,lui aussi, au retard de ces malheureux attelages l’insuccès del’attaque des buttes Montmartre, et surtout à cette circonstanceque les soldats chargés de s’en emparer n’étaient pas partis lesac sur le dos. Nous regrettons vraiment que M. le ministre dela guerre, qui, ainsi qu’il l’a raconté dans la déposition quenous rappelons (à la page 87) , s’était rendu ce jour-là en voi-ture, accompagné d’un aide de camp du ministre de la marine,jusqu’à la place de la Bastille pour voir ce qui s’y passait, etd’où il n’a pu revenir qu’avec l’aide d’un escadron de gendar-merie, n’ait pas été mieux inspiré en se dirigeant de préférenceà Montmartre, soit à pied, soit à cheval. Il aurait sans doutemieux jugé les choses en embrassant leur ensemble du haut decette position dominante. Il aurait vu là le 88 e de ligne, un deces régiments qu’il^avait envoyés de Bordeaux à Paris, et auquelappartient précisément le commandant Rustant, qui levait la crosse