ARMÉE DE PARIS.
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temps, d’ailleurs, eût manqué pour le faire. Quantà tenter un ravitaillement quelconque qui seraitparti de Versailles, et qu’on ne pouvait dirigerpar les routes de Châtillon, de Clamart et deMeudon, que les feux de l’enceinte battaient sansinterruption, c’était courir les chances d’une réus-site peu probable. En laissant des garnisons dansces forts, on eût donc risqué, presque avec cer-titude, de les obliger à se rendre faute de muni-*lions et délivrés, et à être capturées par l'émeute.L’effet moral de ce déplorable résultat eût étéconsidérable, et on devait le prévenir à tout prix.
D’ailleurs, les régiments qui se trouvaient alorsdans les forts ont rendu de grands services dansl’armée de Versailles : les 113" et 114 e sont lesdeux premiers régiments qui se soient engagésénergiquement contre l’émeute les 2 et 3 avril,et le président du conseil avait été bien inspiréen leur confiant la garde de l’Assemblée. Enfin,en se retirant à Versailles avec toutes les forcesde l’armée de Paris, on obéissait à une nécessitémilitaire absolue. On devait avant tout songer àréorganiser complètement cette armée qui venaitde donner une preuve si fatale de sa faiblesse«t de son inexpérience, et si l’on n’arrivait paspromptement à ce résultat, il fallait s’attendre àdes malheurs plus grands encore que ceux qu’onavait subis. Mais pour réussir à donner aux troupes