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L’ARÎIISTICE.
en quelques jours seulement un peu de cohésionet de fermeté, il était armant tout indispensable deles avoir toutes sous la main, réunies dans unmême lieu et groupées sous les ordres directs deleurs chefs. C’était le seul moyen de les soustraireà de funestes excitations, et surtout d’obliger l’in-surrection à venir offrir elle-même le combat enrase campagne, où ses soldats n’étaient pas ca-pables de tenir devant l’armée régulière. Dès quecelle-ci serait reconstituée et se battrait avec savigueur habituelle, on serait peut-être forcé, pourreprendre Paris sur ses indignes oppresseurs, defaire le siège des forts, qu’il était alors indispen-sable d’abandonner. Mais cette difficile opéra-tion, entreprise avec des troupes habiles agissantcontre les bandes inexpérimentées de la Com-mune , avait — ainsi que l’événement l’a prouvé'— beaucoup de chances de succès, tandis que lemaintien dans les forts des garnisons qui les oc-cupaient au 18 mars ne pouvait produire que dedésastreux résultats.
La retraite de l’armée sur Versailles s’opérasans aucun obstacle apporté par l’émeute, tropsurprise et même déjà embarrassée de son rapidetriomphe. A l’aurore d’une belle journée de prin-temps, le 19 mars au matin, on pouvait voir laroule de Paris à Versailles, par Sèvres, couverted’une longue colonne de troupes traînant à sa