Band 
Botanique.
Seite
282
JPEG-Download
 

282

HISTÖIRE NATURELLE.

rolle; six etamines, rarement trois; pistil eompose de trois carpelles distincts ou plus ou moins sou-d6s; ovaire ä trois loges contenant chacune un ovule; fruit drupace, charnu ou fibreüx, renfermantun endocarpe osseux et tres-dur, ä trois loges monosperraes, dont deux avortent souvent; graine sou-vent tres-volumineuse; embryon tres-petit, cylindrique, place ä l’exterieur d’un endosperme charnuou corne.

Outre les caracteres essentiels que nous venons d’exposer, les Palmiers sont remarquables parleurs racines adventives naissant au-dessus du sol et accumulees vers la base de la tige, autour de,laquelle elles forment souvent un lacis qui l’epaissit en une sorte de ebne. Les feuilles, qui atteignent,des dimensions considerables, sont portees sur de longs et forts petioles tres-flexibles, auxquels leurlimbe tres-epais s’attache, non en ligne droite, mais sur une ligne brisee en zigzag, de manibre aformer une suite de plis qu’on ne peut mieux comparer qu’ä ceux d’un eventail, et qui se deploientabsolument de la meme mattiere. Le limbe ainsi plie etait continu dans le premier äge; mais il finitpar se fendre tout le long des plis, et se partage ainsi plus ou moins profondement en une foule delanieres qui donnent ä l’ensentble l’apparence pennisequee ou palmatisequee (1).

Les Palmiers sont remarquables non-seulement par la beaute et la majeste de leur port, mais en-core par leur utilite; aussi Linne , dans son langage metaphorique, les appelait-il les princcs duregne vegetal. Ils forment l’unique fortune de plusieurs peuples, et sont susceptibles de toutes sortesd’usages. Le bois de certaines especes sert aux sauvages pour la charpente ou pour faire leurs fle-ches; d’autres renferment dans l’interieur du tronc une feeule douce et extremement abondante con-nue sous le nom de sagou, ou bien une seve non moins abondante dont on peut obtenir du Sucre , etqui, ä l’aide de preparations fort simples, se transforme en une boisson vineuse susceptible de don-ner de l’alcool (»in de palme). La sommite fraiche et herbaeäe de quelques-uns offre un rnets delicatconnu sous le nom de chou palmiste; les feuilles seches de quelques aulres peuvent etre tissees. etfournir des nattes, des tapis, etc. II en est de meme des pericarpes fibreux de plusieurs especes.Dans certaines, les spathes sont d’un tissu si compacte, qu’on les transforme en vases pour contenirles aliments, et que l’on peut les soumettre a un feu doux. Enfin, un grand nombre fournissent desfruits et des amandes charnues, des emulsions laiteuses, des huiles, des cires, des snbstances medi-cinales, etc.

Ces vegetaux se trouvent surtout dans les regions tropicales; cependant, quelques-uns s’avancentjusque dans le midi de l’Europe . Dans l’hemisphere austral, ils ne depassent pas le frente-huitiemedegre de latitude. Le verkable climat des Palmiers, d’apres M. De Humboldt , est celui dont la tempe-rature moyenne s’eleve entre dix-neuf et vingt degres. En general, chaque espece a ses limites fixes,qu’elle depasse rarement; cependant, quelques-unes sont repandues sur un assez grand espace; telssont les Cocotiers.

Les Palmiers sont tres-nombreux a l’etat fossile; on en a trouve jusque vers le pöle. Ce sont desfeuilleSj des troncs ou des fruits que l’on rencontre ä cet etat; mais, par une singularite remarqua-ble, ces derniers appartiennent rarement aux especes avec lesquelles ils sont enfouis.

La multiplication des Palmiers se fait ordinairement par semis, cependant il en est dont le troncfournit des pousses qui peuvent servir ä les perpetuer. En Egypte, ä l’epoque du voyage d’Herodote ,on reproduisait les Palmiers , ou plutöt on les rajeunissait, en coupant leurs troncs ä quelques piedsau-dessous du bourgeon terminal, et en plantant la parlie excisee; Delile rapporte que ce mode estencore suivi actuellement, et qu’avec des soins il reussit. Ces arbres etant souvent dio'iques, c’est auxvents et aux insectes que la fecondation des femelles se trouve couliee; les cultivateurs de Palmiers ,au temps d’Alexandre, avaient remarque qu’il fallait meler quelques pieds improductifs (mäles) aceux qui donnaient des fruits. Les negres n’ignorerent point l’utilite des Palmiers steriles, car, dansleurs guerres, forces souvent d’abandonner leurs plantations, on les vit parfois en extirper seulementles pieds mäles, afm d’empeclier les autres de fructifier et de nourrir leurs vainqueurs. Pline rapporteque les Arabes vont couper les pieds mäles des plantations de leurs ennemis pour les affamer, etDesfontaines, pendant son sejour dans l’Atlas, eut occasion de s’assurer que cette coutume existaitencore parmi ces peuples (2).

(1) JussiEU, Elements de Botanique.

(2) PoL'CitET, Botanique ctppliquce.