G. LIERRE, heüera. Linn. (1).
Les pétales sont au nombre de seize.
Le Lierre, qui semble chargé par la nature du soin de cacher jsous son feuillage toujours vert les troncs rugueux des vieuxarbres, les ruines crevassées des monuments, est doué de toute lalongévité nécessaire à sa destination. Nous pourrions citer ungrand nombre de Lierres remarquables sous ce rapport : la dalle ,<de sept pouces de diamètre provenant d’un Lierre du Titelberg,montagne du Canton deLucerne(2) ; ceux que M. Laterrade men-tionne à Lormont et à Gradignan dans le vieux chateau d'Ornan ;celui qu’a vu M. Bory de Saint Vincent dans les environs deBayeux, ceux qui ornent la promenade delPralo, à Florence, dontle tronc a près d’un pied de diamètre. Les plus anciens que j’aie :observés sont ceux qui recouvrent, comme une vaste draperie, lesruines du chateau d’Heidelberg. Ils remontent sans doute à l’é-poque de la dévastation du Palatinat, qui date à peu près de deuxsiècles. Ils ont substitué la beauté mélancolique de leurs vastes jtentures aux beautés de l’art que Frédéric V y avait accumulées.
Le Lierre qui sert, en quelque sorte, de linceul aux monuments,ne devrait pas être l’emblème de l’immortalité. Quand il embrassel’Ormeau, il représente beaucoup mieux l’amour conjugal. Nousrappellerons ce beau passage de Bernardin de Saint-Pierre :
» Le Lierre, ami des monuments et des tombeaux, le Lierre, dont» on couronnait jadis les grands poètes, qui donnait l’immorta-» Iité, couvre quelquefois de son feuillage les troncs des plus» grands arbres. II est une des plus fortes preuves des compensa-» tions végétales de la nature; car je ne me rappelle pas en avoir ;» jamais vu sur les troncs des Pins, des Sapins, ou des arbres dont j
» le feuillage dure toute l’année. Il ne revêt que ceux que l'hyver ;
» dépouille. Symbole d’une amitié généreuse, il ne s’attache [» qu’aux malheureux ; et lorsque la mort même a frappé son pro- *
(1) En vieux français L’hierre, dérivé d’hedera.
(s) Le tronc a environ un pied de diamètre dans le bas.