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de l'Europe méridionale , le Myrte, se joint à ces beaux végétauxet donne son nom à la famille.
G. MYRTE, Myrt us. Linn.
Le tube calicinal est globuleux ; les pétales sont ordinairementau nombre de cinq ; les étamines très-nombreuses.
Des nombreuses espèces de ce genre, le Myrte commun appar-tient seul à l’Europe ; il est l’un des arbres les plus poétiques del'antiquité. Le Myrte s’associe à tout ce qui est religieux , solennelou gracieux. Son nom, synonyme des parfums qu’il exhale (1),indique l’origine de la faveur dont il était l’objet. Les Hébreux,dans la fête des Tabernacles, portaient des rameaux où le Myrtese mariait au Palmier et à l’Olivier. Pour les Grecs, il était l’em-blème de la gloire et des plaisirs; il couronnait le front des vain-queurs à Olympie, comme des Grâces, comme de la muse Erato ;il décorait les statues des héros ; il paraissait aux funérailles ainsiqu’aux festins. Consacré à la déesse de la beauté, il se liait auxfictions les plus gracieuses ; Vénus s’était couronnée de Myrte lorsdu jugement de Paris ; elle s’était cachée au sortir d’un bain sousle feuillage d’un Myrte pour se dérober aux regards indiscretsdes Satyres.
Littora siecabat rorantes nuda capillos ;
Viderunt Satyri turba proterva Deam.
Sensit et apposita texit sua corpora Myrto.
Ovide.
Chez les Romains, le Myrte n’était pas moins honoré. Il était,selon Pline, le premier de tous les arbres qui avaient été plantéssur la place publique de Rome. On avait été le chercher solennel-lement sur le sommet du mont Circé. Deux Myrtes fleurissaientdevant le temple de Romulus, l’un patricien, l’autre plébéien, etdans le plus ou moins de vigueur de ces arbres symboliques, onlisait le plus ou moins de prospérité des deux ordres. Lors de l’en-
(.1) En grec myrrine.