Buch 
Les arbres et arbrisseaux d'Europe et leurs insectes / par J. Macquart
Entstehung
Seite
78
JPEG-Download
 

( 78 )

de l'Europe méridionale , le Myrte, se joint à ces beaux végétauxet donne son nom à la famille.

G. MYRTE, Myrt us. Linn.

Le tube calicinal est globuleux ; les pétales sont ordinairementau nombre de cinq ; les étamines très-nombreuses.

Des nombreuses espèces de ce genre, le Myrte commun appar-tient seul à lEurope ; il est lun des arbres les plus poétiques del'antiquité. Le Myrte sassocie à tout ce qui est religieux , solennelou gracieux. Son nom, synonyme des parfums quil exhale (1),indique lorigine de la faveur dont il était lobjet. Les Hébreux,dans la fête des Tabernacles, portaient des rameaux le Myrtese mariait au Palmier et à lOlivier. Pour les Grecs, il était lem-blème de la gloire et des plaisirs; il couronnait le front des vain-queurs à Olympie, comme des Grâces, comme de la muse Erato ;il décorait les statues des héros ; il paraissait aux funérailles ainsiquaux festins. Consacré à la déesse de la beauté, il se liait auxfictions les plus gracieuses ; Vénus sétait couronnée de Myrte lorsdu jugement de Paris ; elle sétait cachée au sortir dun bain sousle feuillage dun Myrte pour se dérober aux regards indiscretsdes Satyres.

Littora siecabat rorantes nuda capillos ;

Viderunt Satyri turba proterva Deam.

Sensit et apposita texit sua corpora Myrto.

Ovide.

Chez les Romains, le Myrte nétait pas moins honoré. Il était,selon Pline, le premier de tous les arbres qui avaient été plantéssur la place publique de Rome. On avait été le chercher solennel-lement sur le sommet du mont Circé. Deux Myrtes fleurissaientdevant le temple de Romulus, lun patricien, lautre plébéien, etdans le plus ou moins de vigueur de ces arbres symboliques, onlisait le plus ou moins de prospérité des deux ordres. Lors de len-

(.1) En grec myrrine.