chambre h es députes. — I 822. l 33
leurs devoirs de citoyens, sans aller contre leursdevoirs de fonctionnaires publics.
Le ministère a envahi les élections avec son ar-mée de salariés... Il les a assaillies avec les mille brasde sa police... 11 a voulu montrer ce que peut l’im-pudeur du pouvoir dans un pays qui se dit con-stitutionnel et qui n’a ni communes, ni jurys, nicode rural.
(Interruption. J
Oui, messieurs, dans un pays où il u’y a ni jurysindépendants, ni liberté effective de la presse, dansun pays où nul 11’est certain de manger en paixle pain qu’il a gagné à la sueur de sou front, oumême au prix du sang répandu pour la patrie. N’est-il pas évident que si le ministère fait tout ce qu’ilpeut matériellement faire, il 11’y aura aucune li-berté dans les élections?
L’action illégale du ministère sur les électionspeut s’exercer de deux manières ; par les séductionset la corruption, ou par les vices de la loi. Il agitpar la corruption , lorsqu’il dit à vingt mille élec-teurs fonctionnaires: Si vous ne votez pas pour telcandidat, vous trahirez ma confiance, vous perdrezle fruit de vos travaux; lorsqu’il dit aux plaideurs sVous voterez de telle manière, ou vous perdrezvotre procès. Les moyens de corruption sont d’au-tant plus grands, que ce ne sont pas seulement lesfonctionnaires publics qui dépendent du ministère,mais encore les avocats, les notaires, les avoués.
Et je le demande, quels moyens de recours ont