DISCOURS ET OPINIONS.
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de votre commission ne fasse mention ni des épi-sodes extraordinaires de la liquidation, ni des in-demnités demandées par plusieurs compagnies, nisurtout des justes et pressantes réclamations dessous-traitants? Comment se fait-il que votre com-mission ait craint d’aborder la responsabilité mi-nistérielle, qui cependant domine et embrasse toutentière la question qui nous occupe ? Comment sefait-il, lorsque la justice est saisie, lorsque les ac-cusés sont devant les tribunaux, lorsque l’instruc-tion peut atteindre d’autres accusés, réparer deserreurs et dévoiler des crimes, comment se fait-ilqu’on vous propose de prendre une résolution ab-solue et définitive sur des chiffres qui vous sontprésentés comme provisoires, et sur des faits quirestent incertains jusqu’à jugement ?
Et quand même le défaut de preuves matériellesétoufferait l’action judiciaire, quand même tout cetéclat n’aboutirait,comme il est très-probable, qu’àla punition administrative de tel agent qui n’eûtété qu’incapable et absurde, tandis que l’impuis-sance de la justice accorderait l’impunité à descoupables d’une autre catégorie, n’était-ce pas lacharge de votre commission, qui a signalé ces cou-pables avec tant d’énergie, de motiver davantagesa patriotique indignation, en vous rappelant tantde scandales articulés et prouvés, soit dans lespièces justificatives rassemblées par la commissiond’enquête,soit dans les autres documents fournispar les parties intéressées? Ne devait-elle pasmettre en évidence comme quoi des militaires, en-