CHAMBRE DES DÉPUTÉS.— l8%5. 4^9
voyés pour combattre, se sont transformés en con-seillers administratifs et en commissaires aux mar-chés ; comme quoi l’autorité, qui s’est mise auxlieux et place de l’intendance, n’a cependant pasdressé les actes conservatoires, ni suivi les formesrégulatrices auxquelles l’intendance est assujétie;comme quoi une protection de tous les momentsa pour ainsi dire pris le sieur Ouvrard par la main ,et se flattait de conduire au port sa lucrative en-treprise, exempte de toute avarie?... Et votre délica-tesse serait péniblement affectée en pensant quedes abus de pouvoir ont été commis, et que lacorruption aurait pu germer là où une confianceauguste et un illustre exemple n’eussent dû faireéclore que des sentiments généreux!
Remontant ensuite des instruments secondairesdu désordre à ceux qui, par action ou par omission,en sont les principaux auteurs, et que la charteoblige à vous en donner réparation, la commissionn’eût-elle pas dû demander compte du choix bi-zarre del’intendantenchef,ets’enquérirquia sug-géré ce choix et dicté à M. Sicard ses indications pré-vues sur la nécessité d’une entreprise générale, etsi ce ne sont pas ceux-là mêmes qui voulaient bâtirsur son incapacité l’édifice de leurs rapines ?
Et comment a-t-on pu ignorer que le sieur Du-brac, qui avait traité à Paris pour le service de laviande, n’était que le prête-nom du sieur Ouvrard ?Et pourquoi n’a-t-on pas éloigné les traitants del’armée par des ordres précis, si tant est qu’oneût fermement résolu de faire le service par les