DISCOURS ET OPINIONS.
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donc contre notre tribune que le ministre seraitvenu protester! et comme un pareil bouleverse-ment n’est pas de nature à être opéré en un jour,il se serait contenté, en attendant mieux, d’empor-ter la promesse que la liberté de la presse serabientôt suspendue, et plus tard anéantie.
Ce sont là, dira-t-on, de vaines et calomnieusesrumeurs. Je veux bien le croire, messieurs, et envérité elles sont par trop injurieuses à la dignitéde la France , et d’ailleurs elles portent en elles-mêmes une empreinte de ridicule, propre à frap-per vivement ceux qui ont eu l’occasion d’appré-cier l’incontestable supériorité de la puissancefrançaise sur celle du pays auquel appartient lehautpersoimage diplomatique. Maisenfin les bruitsque je rapporte ont circulé dans Paris ; ils ont ga-gné les provinces ; ils sont écrits dans les gazettesétrangères; ils reçoivent même une certaine con-sistance des opinions émises par les organes dugouvernement, et hier encore par M. le garde-des-sceaux, sur la prétendue insuffisance de notre lé-gislation dans la matière. Je ne doute donc pas queM. le président du conseil ne juge convenable deles démentir d’une manière formelle , en déclarantque la liberté de la presse sera conservée à laFrance ; à la France qui la chérit, et comme unede ses plus précieuses institutions, et comme lepremier bienfait du règne de son auguste mo-narque.
Je crois, messieurs, que cette garantie est né-cessaire, ne fut-ce que pour abattre l’insolence