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de celte industrie dans les temps les plus primitifs. Les inno-vations qu’on a essayé d’apporter à cet art sont étrangères ànotre sujet, aussi nous pensons qu’on peut admettre sans effortet avec toute vraisemblance que dès qu’on a su faire du feu etl’éteindre avec de la terre, on a pu voir le moyen de produiredu charbon et de là à nos charbonnières il n’y a qu’un pas.
Le bois étant ainsi le seul combustible que pouvait offrir leJura , il était tout naturel qu’on cherchât les régions boiséespour établir l’industrie sidérurgique qui exigeait beaucoup debois, afin de diminuer les difficultés de transport d’une matièrelourde et très volumineuse.
Si l’on en devait croire plusieurs auteurs modernes qui onteu confiance dans les légendes des temps barbares et dumoyen âge, la majeure partie du Jura aurait été un désert àl’époque celtique, durant l’occupation romaine et jusque versle VIII 0 siècle, mais dans notre publication sur cette contréeà l’époque celtique et romaine, nous avons complètement rec-tifié cette erreur et nous avons fourni la preuve matérielle quece pays a été plus ou moins peuplé, à peu près dans toutes sesparties, dès une époque fort antérieure à l’arrivée des Romains,qu’il était très habité et prospère sous la domination de Rome et que les invasions des Barbares ne l’ont nullement convertien un désert. Plus tard nous avons constaté les mômes faitsau Clos-du-Doubs et sur le plateau des Franches-Montagnes. (1)^,
Il y avait toutefois dans les temps reculés, de vastes étenduesde terrain, de grands quartiers de montagnes occupés par desforêts, dont le sombre manteau couvrait toutes les cimes,même les plus élevées du Jura , et descendait jusque fort basdans les vallées. Les habitations dos anciens peuples, cellesdes Romains, puis des Gallo-Romains, mélangés plus tardaux peuples germains, se sont succédé, en général, sur lesmêmes emplacements où nous voyons encore nos villes, nosvillages et même quelques métairies. Mais comme la popula-
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