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un pré porte encore le nom de Favergeatte et laisse voir des -j-scories de fer. Il y en a jusque sous une des maisons du villageque les actes citent déjà en 1338.
Plus loin, en sortant de Césais, d’où nous avons des mon-naies romaines, on voit à droite la haute roche de St-Brais ,point culminant où les feux des brandons et de St-Jean qu’ony allumait rappellent le culte du soleil, tandis qu’un peu au-dessous se dresse la Colnalte, ou aiguille de rocher de plus de ,60 pieds de haut, dont la forme bizarre a dû frapper l’imagi- [nation des anciens peuples et en faire là, comme en tantd’autres lieux, une représentation informe du soleil ou d’unde ses rayons.
Dans un ravin tout à côté, le lieu de Chaufour désigne uneancienne forge qui se révèle en effet par des scories de fer, etun peu plus loin, tout près du chemin, un nouvel amas descories continue de jalonner la route. Nous y avons recueillidu minerai en grain, comme à Montfavergier, des parcellesde poterie celtique, des morceaux de silex étrangers au Jura ,dont on a dû détacher quelques parcelles pour en tirer desinstruments tranchants, à une époque où la pierre était encoreemployée concurremment avec le fer, et enfin un autre silexqui avait servi de broyon, comme ceux des habitations lacus-tres et des poteries de la même époque.
Ce chemin continue de longer le plateau ayant çà et là soitsur ses rives, soit dans son voisinage, bien d’autres débris deforges. Nous en indiquerons seulement de très considérablesdans les fermes au-dessous du Pré Sergent, près de la Saigne,sur le Mont Repais, non loin de la Pierre de l’Autel et de laRoche à Vilain ou au Diable, deux monolithes des temps celti-ques, à la Combe Ghavat, au Maran et autres lieux, fl)
(1) Dans la vaste forêt royale de Montargis les souvenirs druidiques se con-servent encore. Ses solennités se répétèrent longtemps sous la forme dégénéréedu sabbat, de cérémonies magiques et l’on montrait la pierre dite Pierre-du-Gros-Vilain, qui était vraisemblament un Menhir, le lieu où les sorciers scréunissaient. (Maury, Forêts de la Gaule, p, 319). Ce passage est en touspoints applicable au Mont Repais,