dire de ce roi d’Israël qui avait persécuté Jésus , sans doutepour indiquer que ces êtres malfaisants étaient des ennemisdes chrétiens. (1) Nous ne voyons dans cette tradition qu’unsouvenir des anciens forgerons cachant leur art au vulgaire àune époque bien éloignée de nous, mais qui a laissé des tracesdans le pays à raison même de son étrangeté. Cette traditiondiversement racontée a une singulière analogie avec celle re-lative aux duses dont parle St-Augustin et auquel celui-cicroyait fermement.
Au chapitre des mines on a déjà parlé de l’établissementsidérurgique du Pont romain, près de Recolaine et de celuisur la montagne de Yicques, mais ils ne sont pas seuls. Sur leversant occidental de Chaumont , sur le pâturage communal etdans les terres cultivées de la Fortaine il y a encore des scoriesde fer qui se cachent sous le gazon. Le nom de la localitéqu’on vient de désigner semble se rapporter à un lieu fortifié,mais on n’en voit plus de traces et nous avons seulement destessons de vases celtiques recueillis dans le voisinage avecquelques monnaies romaines.
Il est ensuite fort remarquable que depuis la Fortaine, oude Corcelon jusqu’à Develier , dans toute la partie centrale dela vallée de Delémont , où les mines de fer sont les plus abon-dantes, où il y a encore des affleurements de mine, on ne ren-contre nulle trace d’anciennes forges. Aussi nous ne pouvonsattribuer ce fait qu’à l’absence du bois par suite de la présenced’une population nombreuse.
Les premières scories que nous ayons ensuite remarquéessont à côté des ruines du donjon du Vorbourg, remontant àl’époque b urgo ride ; c’était un avant-poste d’une citadelleromano-burgonde, dominant un ancien établissement celtique,
(1) Il se pourrait que ce lieu sauvage ait été occupé quelquefois par les Bohé-miens ou Egyptiens et que le nom d’Hérode leur ait été donné parce qu’à leurapparition dans le pays, en 1422, on les regardait comme des Egyptiens con-damnés à errer sur la terre, parce qu’ils avaient refusé d’héberger Marie etJoseph conduisant en Egypte l’enfant Jésus pour le soustraire au roi Hérode, —(Chroniques de Tschudl et de Wursteisen.)