- 30
que jusqu’en 1724 (1). L’un d’eux est entre la forge modernede St-Pierre et l’ancienne abbaye, l’autre près de Cholis. Ils’en trouve un troisième sur le territoire de Bourrignon, entrela ferme des Mermets dessus et celle de Buchwalder. Ce lieu,appelé la Favergeatte, nous a montré des scories déjà devinéespar le nom de la localité. Il y en a probablement encore biend’autres qui nous ont échappe. Nous ne dirons rien de laforge bâtie en 1516 dans le défilé entre Bourrignon etLucelle,parce que nous avons raconté son origine ailleurs (2).
Si nous revenons à Soyliière pour descendre le cours dela Byrse vers Bâle , nous pourrons encore indiquer quelquesétablissements sidérurgiques. Il y en a eu un ou plusieurssuccessifs dans le sauvage ravin ou l’impasse du Teufelskuchi.Certes ce lieu était bien choisi pour y établir la cuisine duDiable. Des roches redressées et bouleversées, des torrentsimpétueux tombant en cascades mugissantes, des cavernesprofondes, une population nombreuse d’animaux sauvages, lachouette, le hibou, le grand-duc, le renard, le blaireau, le chatsauvage ; jadis l’ours, le lynx, le loup trouvaient et trouvent en-core, du moins une partie d’entre eux, des logements commodeset tout préparés. Ils se mangeaient les uns les autres quandils ne rencontraient pas d’autres proies. Aussi ne faut-il pasêtre surpris si avec eux logeait le chasseur sauvage, ce cava-lier noir, à longues jambes et au buste court, qui partait de làà la nuit tombante , pour aller faire ses courses sur les routesvoisines. Véritable image de Visnou, probablement arrivéd’Asie avec les anciens peuples de nos contrées.
C’est là oncore que se tenaient les petits hommes noirsqu’on apercevait la nuit auprès de grands feux allumés sousl’auvent des grandes cavernes. Aussi, excepté les Bohémiens,nul habitant du pays n’aurait voulu passer la nuit en tels lieux.
Laissant ce lieu redoutable sur notre droite, nous repren-drons notre course vers la Verrerie de Lauffon , en indiquantsur les bords de la Byrse au moins deux emplacements de
(1) Histoire des Forges, p. 84.
(2) Histoire des Forges, p. 81.