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mouillé avec lesquelles on brassait également le métal dansle creuset.
Dans cette seconde espèce de fourneaux, comme dans ceuxprécédemment décrits, on ne voit nulle trace de soufflets quel-conques, et le tirage devait s’établir plus ou moins fort par cettemême ouverture d’où s’échappaient les scories et selon le plusou moins d’élévation des fourneaux. C’est probablement pouraccroître ce tirage que nous avons retrouvé dans certains four-neaux des pierres calcaires, en partie calcinées, provenant dela partie supérieure de la cuve où elles avaient dû former l’o-rifice du gueulard, tout en donnant plus d’élévation au four-neau. Ce moyen si élémentaire a dû être employé égalementpour les premiers creusets. Le mode de tirage que nous indi-quons se révèle de la manière la plus évidente par la scorifica-tion des parois du fourneau du côté opposé à l’ouverture don-nant passage à l’air, et qui a évidemment éprouvé une chaleurplus intense, tandis que du côté opposé on retrouve en généralles parois beaucoup moins atteintes par le feu et parfois lamine y est encore attachée, comme elle se trouvait à l’état pâ-teux ou en semi-fusion , au moment où le travail du fourneaua cessé. Voir les planche I, Il et III.
Ces deux espèces de fourneaux se chargeaient de la mêmemanière : après avoir séché l’appareil en y entretenant gra-duellement du feu, on mettait des couches successives decharbon fait en meule et de mine de fer dans des proportionsconnues des industriels. A mesure que ces charges baissaientdans la cuve, par suite de la combustion du charbon et de laréduction du minerai, on les renouvelait toujours dans unecertaine mesure , et la consommation du charbon devait êtreau moins quadruple de celle actuelle pour la fusion de lamême quantité de mine. Le métal renfermé dans celle-ci tom-bait successivement dans le fond du creuset où il y avait laplus grande chaleur par l’effet du tirage de l’air, et à mesurequ’il s’y amassait, un ouvrier, au moyen d’une perchelte debois vert et mouillé, facilitait la sortie des scories surnageantes,et brassait le métal, c’est-à-dire cherchait à faire agglutiner