Emboma et TCab'mda, port de l'Atlantique, à l'embouchure du grand fleuvejusqu'alors inconnu, et dont il venait, pas à pas, de suivre le cours et derelever l’étendue 1 . Le lieutenant Cameron expose ainsi son opinion surl'avenir des contrées africaines qu'il a visitées avant Stanley :
« Presque tout le pays, duTanganyka à lacête occidentale, est» d’une richesse indescriptible. Parmi les métaux, on y trouve le» fer, le cuivre, l’argent et l’or; on y trouve aussi de la houille.» Les produits végétaux sont l’huile de palme, le coton, outre» plusieurs espèces de poivre et de café. Les habitants cultivent» beaucoup de plantes oléagineuses, telles que l’arachide et le» soni-seni. Aussi loin que les Arabes ont pénétré, ils ont in-» troduit le riz, le froment, l’oignon, et quelques arbres frui-» tiers qui paraissent assez bien réussir. Les contrées de Bihé et» Bailounda sont assez élevées pour comporter une occupation» européenne; elles produiraient tout ce qui peut être cultivé» dans le midi de l’Europe . Les orangers que Jenlior Gonçalves» a plantés à Bihé où il a passé plus de trente ans, étaient plus» beaux qu’aucun de ceux que j’ai vus en Europe ou en Italie .» Les rosiers et les vignes avaient poussé d’une manière exu-» bérante ; mais, comme il était resté trois années absent, il» avait perdu beaucoup de végétaux, tels que la pomme de terre» et des plantes d’agrément. Il m’assura que lorsqu’il prenaitlui-» même soin de son jardin, elles avaient parfaitement réussi....
» Le centre de l’Afrique présente un système hydrographique» susceptible d’être utilisé pour le commerce, et tel qu’on n’en» trouve de pareil nulle part ailleurs. En creusant un canal de» 37 à 36 kilomètres de longueur dans la plaine sablonneuse et» unie qui sépare les affluents du Zaïre des hauts affluents du» Zambèze , on établirait un lien entre les deux systèmes fluvia-» tiles, et d’autre part, la rivière Tchambézi, qui doit être con-» sidérée comme la première partie du cours du Zaïre , est navi-« gable jusqu’à une distance de 370 kilomètres de l’extrémilé» nord du Nyassa. A l’est du pays de Lovalé, il existe des quatj-» tités étonnantes d’ivoire ; chez les marchands musulmans de» Nyangoué, le prix était do 213 milligrammes de verroterie,» ou 143 milligrammes de coquillages marins appelés Cyprea
1. Malgré ses souffrances, Stanley ne voulut revonir en Europe qu’après avoirrapatrié ses compagnons de voyage ; il en ramena ttl à Zanzibar le 28 no-vembre 1877, au lieu de 317 qui étaient parlis avec lui le 17 novembre 1874. Ason retour on France et en Angleterre, la presse, les Sociétés savantes et le publiclui firent un accueil enthousiaste et le combleront d’honneurs et récompenses.