reçut du due d’Aiguillon le commandement de trois cents hommes etdébarqua dans la baie d'Antongil. Il se mit aussitôt à construire une lignede forts et de postes le long de la côte orientale, parcourut le pays, perçades routes et des canaux, noua des alliances avec les chefs indigènes del’est, et avec leur aide, tint tète aux attaques des Sakalaves du nord. Ilacquit pendant trois ans sur ces populations un ascendant prodigieux, etfut proclamé roi. Mais les colons des iles Mascareignes lui firent une oppo-sition acharnée. Bcnyowski s’embarqua pour la France et vint à Paris sejustifier (1776) et réclamer l’approbation de ses actes.Il fut récompensé deses services par le don d’une épée d’honneur, mais ses projets de traiténe furent pas ratifiés et il abandonna le service de la France . Après dixans d’absence, le roi de Madagascar , à la tète d'une poignée d’avenluriersrecrutés aux Etats-Unis , reparut à Antongil : ses sujets l’accueillirent avecenthousiasme (1783). Le 28 mai 1786, un navire de guerre, expédié parle gouverneur de l'ile de France , M. de Souillac, sur l’ordre du gouvernementfrançais , mouilla dans la baie d’Antongil. lienyowski, enfermé dans lefort de Mauritina avec deux blancs et trente indigènes, essaya de résister.Tandis qu’il mettait le feu à un canon pointé contre les Français , une ballel'atteignit au sein droit et l’étendit, raide. Telle fut la fin misérable de cevaillant magnat hongrois auquel la postérité n'a peut-être pas assez rendujustice ; il avait su discipliner les Malgaches , qui vénèrent encore sa mémoire.« Les hommes compétents s'accordent à dire, écrit M. d’Escamps, que-scs» vues d’administration, appropriées au pays, sont destinées à servir nu» jour de guide à qui voudra fonder à Madagascar un établissement sérieux» et durable. »
Quatrième établissement des Français (1792-1810). — Mada gascar fut une troisième fois abandonné de fait. En 1792, sous l’Assemblée législative , un commissaire de ia marine, Daniel Lescallier , y fut envoyéen qualité de commissaire civil ; la Convention l’y maintint ; il en revint en1796 sans avoir rien pu fonder; il attribua l'insuccès des tentatives anté-rieures au mauvais esprit qui v avait présidé, et combattit avec énergie,dans un mémoire à l’Institut, le préjugé de l’insalubrité de Madagascar .En 1801,' Bory de Saint-Vincent , reçut du gouvernement de Filede France la mission d'explorer l'ile; et en 1801, sur l'ordre du premierronsul, le général Decaen, gouverneur de nos possessions de la mer desIndes, essaya de les réorganiser. Tamatave fut choisi pour chef-lieu denos établissements malgaches; Sylvain Roux, nommé agent général,y fixa sa résidence. Déjà une milice était exercée, des forts et des balteriess’élevaient, un canal d’eau douce était creusé dans l’intérieur, lorsqueles Anglais occupèrent Bourbon et l'ile de France . Sylvain Roux dut capitulerdans Tamatave et remettre la place au capitaine Lime (1811).
Le traité de Paris (30 mai 1814) rendit à la France toutes ses colonies,à l’exception de certains territoires, au nombre desquels Madagascar nefigurait pas. D’autre part, l’article 8 déclarait la cession à la Grande-Bretagnede l'ile de France et de ses dépendances. Le gouverneur de la nouvelle îleanglaise, appelée désormais Maurice , sir Robert Farquhar, ht savoirau gouverneur français de Bourbon, que l’ordre lui avait été donné deconsidérer Madagascar comme une dépendance de Maurice . Comme le d-itM. Gabriel Marcel, « la plaisanterie était un peu forte ! Madagascar unedépendance de l’ile de France ; autant dire que l’Angleterre estime dépen-dance de l’ile de Man ! » Après un échange considérable de dépêches quidura cinq mois, la prétention exorbitante du trop zélé gouverneur futrepoussée. Mais il n'abandonna pas pour autant ses projets.
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