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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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MADAGASCAR . 829

qui avait commencé l'éducation des deux frères de Radama, et les ramenaità Tananarive , avec des chevaux anglais d'un grand prix (1817). l.e roi luilit une réception éclatante il parut pour la première fois aux yeux deses soldats ébahis en uniforme rouge, en chapeau galonné, avec un panta-lon bleu et des bottes vertes. Cet accoutrement était sorti tout entier de laboutique dun fripier anglais , llastie réussit à faire signer à Radama deuxtraités en 1817 et 1820; moyennant 2 000 dollars, 100 barils de poudre,100 fusils, des habits rouges, chapeaux, souliers, pièces de toile, etc.,Radama s'engageait à rester lallié fidèle des Anglais et à prohiber la ventedes esclaves dans son royaume.

James llastie fit un nouveau voyage à Tananarive en 1820, en compagniedes révérends docteurs Joues et Evan, delà Société des missions de Londres .Tous deux sinstallèrent à la cour d'Imerne. Le diplomate triompha desrésistances des conseillers hovas qui refusaient de consentir à labolitionde la traite, dont ils tiraient de gros bénéfices ; les missionnaires fondèrentune école, bientôt suivie de plusieurs autres. Radama , ne voulant pas sebrouiller tout à fait avec la France , fit adopter, dans l'alphabet malgache ,les consonnes anglaises et les voyelles françaises . En 1828, on comptaitdéjà dans l'ile, trente-deux écoles et quatre mille élèves. « Sir Farquhar» adjoignit à ses missionnaires, à titre d'auxiliaires pratiques, toute une» colonie douvriers très habiles dans les métiers, tels que la charpenterie,

» la tannerie, le tissage, etc. 11 leur envoya aussi des typographes pour» la propagation des Ribles, des grammaires anglaises, des journaux» anglais . De 1822 à 1826, ces immigrations, figuraient en plus des» missionnaires-médecins, continuèrent, sous la direction du pasteur Jones,» Vêtus de la peau de lagneau, ces loups dévorants se trouvèrent intro-» duits petit à petit dans la bergerie. Ainsi se développait la politique à» outrance de sir Farquhar, sous ses trois aspects ; organisation militaire» des llovas; propagation religieuse par les missionnaires; colonisation» industrielle par les ouvriers anglais . » (H. dEscamps, p. 147.)

Pendant ce temps, l'expédition française de Svlvain Roux, bien accueilliedes indigènes, mais décimée par des maladies de toute espèce, s'installaitdans l'ile Sainte-Marie et à Pilot Madame. Un bâtiment anglais vintdemander des explications sur nos projets, et déclara que l'ile étant indé-pendante. lAngleterre ne pouvait reconnaître à aucune nation des droitsde propriété sur tout ou partie de cette ile. Des chefs Betsimisaracs étantvenus faire acte de soumission à la France (mars 1828), une proclamationdu roi des llovas déclara nulle toute cession de territoire qu'il naurait pasratifiée; et un corps de 3000 Hovas, sous les ordres d'officiers anglais ,sempara de Foulepointe (juin). Le gouverneur de Bourbon, surpris etimpuissant, fit révoquer Sylvain Roux, que le capitaine Blévec remplaça.Le nouvel agent fit entendre des protestations inutiles. Toujours excites parles Anglais , 4 000 Hovas vinrent sommer les six Français qui gardaient lesruines de Fort-Dauphin dévacuer ce poste (1825). La garnison obtint unetrêve de deux mois pour demander des ordres au gouverneur de Bourbon ;mais on n'attendit pas ce délai et les six assiégés furent saisis et enchaînés,le pavillon français arraché. Le gouverneur navait pas les moyens devenger cette insulte! Deux révoltes éclatèrent près de Foulepointe et duFort-Dauphin ; le commandant de Sainte-Marie soutint la première qui futréprimée par les troupes de Radama, transportées sur un bâtiment anglais ,sous les ordres du résident anglais ; AI. de Freycinet lui adressa un blâme,et facilita lui-mème la répression de la seconde révolte ! Tandis que lesvexations exercées contre nos traitants redoublaient, Radama permettait