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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
l’entrée de tous les navires anglais dans les ports de Madagascar , moyen-nant un droit de 5 %, et il autorisait les Anglais à résider dans l'ile, à y•commercer, à y construire des navires, à y bâtir des maisons, à y cultiverdes terres (18 juin 1823).
La reine Ranavalo I ro (1828-1861). — liadama mourut le24 juillet 1828, la même année que le fameux James Ilastie. Le parti desvieux Ilovas et les prêtres des idoles, désireux de ressaisir le pouvoir,firent proclamer reine sa femme Ranavalo ; les partisans de liadama, samère, sa sœur, le mari de sa sœur et leur fils furent égorgés. Les traitésavec les Anglais furent déchirés ; et le résident Lyall, accablé de mauvaistraitements, et chassé de la capitale par une multitude furieuse, devint fou,et alla mourir à Maurice. Le gouvernement de Charles X résolut alors d’in-tervenir. Une flottille française , commandée par l’amiral Gourbeyre , jetal’ancre devant Tamatave , et notifia à Ranavalo les prétentions de la France .On lui accordait vingt jours pour répondre. La mission de M. Gourbeyreétait d'ailleurs toute pacifique, et il apportait à la nouvelle reine de beauxprésents. En attendant, l'amiral rebâtit Tinlingue et y mit garnison. Lareine ne répondant pas à la sommation, Tamatave fut bombardé ; malgréun léger échec, nos troupes battirent deux fois les Ilovas, la reine demandala paix. Les négociations n’étaient pas achevées quand éclata la Révolutionde 4830.
Le gouvernement de Juillet abandonna toute politique offensive,renonça à tout projet d'établissement sur file, et rappela les bâtiments etles troupes; Tintingue fut évacué et les fortilications démolies; mais nosdroits sur Madagascar furent maintenus; Sainte-Marie continua d’ètreoccupée; et en 1832, le ministre de la marine, M. de Hiyny, fit exécuterpar les officiers de la corvette la Nièvre , l’exploration de la baie Diégo- Suarez . L’occupation en fut d'ailleurs ajournée. Fendant ce temps, la reineRanavalo , passionnément attachée au culte des idoles, et pressée par lesgrands chefs de l’Imerina, les prêtres et les ombiaclies (sorciers), interditaux missionnaires anglais de baptiser ses sujets et de leur faire célébrer ledimanche, et somma, sous peine de mort, les Malgaches convertis de scdénoncer eux-mêmes. Ils obéirent en foule, abjurèrent, et livrèrent leursHibles ; les missionnaires anglais , menacés, quittèrent Tananarive (18 juin 1833). Ce fut un échec'terrible pour la politique anglaise, et laruine de vingt ans d’efforts. Le départ des missionnaires fut d’ailleurschez les Ilovas le signal des jilus impitoyables cruautés contre le partivaincu ; sur le littoral, les négociants européens furent en butte à desvexations de toute sorte.
Les Sakalaves , qui forment à Madagascar un peuple plus considérableque celui des Ilovas, s'étaient réfugiés en grand nombre à .\ossi-I!é etdans les iles voisines, pour échapper aux persécutions des Ilovas. Ilsoffrirent à l’amiral de Hell, alors gouverneur de Rourbon, de céder à laFrance le territoire qu’ils possédaient. L’amiral .s’empressa de signer avecles chefs sakalaves des conventions où il revendiquait nettement les droitsde souveraineté de la France sur File de Madagascar tout entière (1841).Le gouvernement eut la sagesse de les ratifier ; les iles de Mayotte ,Nossi-Bé , Nossi-Mitsiou, Nossi-Cnmba furent déclarées possessions fran çaises . La présence des Français dans le canal de Mozambique accrut lesfureurs des Ilovas. Un ordre "de la reine du 13 mai 1843 enjoignit à tousles commerçants de se soumettre sans délai à la loi malgache . Douze trai-tants anglais et onze français furent chassés de Tamatave , leurs marchan-dises pillées et leurs propriétés dévastées. Le commandant Romain