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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

est des plus simples : figurez-vous une chaise ou un fauteuilplacé sur un brancard. Lappareil est léger, quatre hommes lesoulèvent sans elïort, lorsque toutefois le voyageur nest pasdun embonpoint exagéré. Si le tacon est le seul véhicule connu,cest quil est le seul possible. Madagascar na de chemin dau-cune sorte, et les voitures ne sauraient pénétrer dans lintérieur ;les bœufs ne sont pour les Malgaches quun objet de commeroe,et le cheval un animal de haute curiosité.

» ... La plaine sétend au loin devant nous, onduleuse, coupéede ruisseaux et de marais ; nos marmites passent, faisant jaillirleau, poussant des cris sauvages ; le tacon semble léger pourleurs épaules robustes ; ils se hâtent et luttent de vitesse. Nousatteignons alors Ja première limite des bois; létroit sentier courtau milieu dune végétation vigoureuse se mêlent les copaliersà lécorce blanchâtre, le nath , couleur dacajou, et Vindrumcna,au bois rouge. Le vacoa pyramidal élève sa tète conique au-dessus des palmiers nains, et dimmenses touffes de bambousviennent, en se recourbant, entraxœr notre course et nousfouetter au visage. Le bois est désert, les oiseaux rares, et le cridésolé du coucou solitaire se mêle seul au bruit de nos voix.

» La plaine souvre de nouveau, couverte dune herbe hauteet serrée nos porteurs disparaissent ; plus nous avançons etplus les marais deviennent larges et profonds ; les marmites syengagent néanmoins, et ce nest pas sans appréhension que duhaut de nos sièges mobiles, nous les voyons senfermer dans lafange liquide ; ils en ont parfois jusquaux épaules, et ce nestquà force dadresse, sondant le terrain et nous soulevant au-dessus de leurs tètes, quils nous déposent à lautre bord pourrecommencer plus loin.

» Les premières collines nous apparaissent enfin, et, versmidi, nous arrivons à la maison deM. Laborde. Du sommet dece petit plateau, comme dun observatoire, nous avons de lacontrée environnante un aperçu plus complet; devant nous, unelarge bande de forêts, puis la plaine sablonneuse de Tamatave ;au loin, la mer. Du côté de Tananarive , une suite de collinesou mamelons dénudés, semblables à dénormes huttes de castor,sélèvent progressivement jusquà la grande chaîne centrale.Ces mamelons isolés les uns des autres par de petits cours deauet des marécages, ne présentent à lœil que le vert uniforme deleur surface en dôme ; quelques arbres échappés à lincendie desbois, dressent çà et leurs squelettes noircis; ils semblent pro-