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DE LA DEFENSE
rompre avecsuccös l’indigne traite parlequel Carlhage avait perdu ses plusbeaux domaines; et, formant des-lorsle dessein hardi de porter la guerrö etla terreur de ses armes jusqu’aux por-tes de Rome , il commenga le siege deSagonte , ville puissante et riche, allieelies Romains, et qui seulepouvait faireöchouer ses ambitieux projets. On öle-ya des ouvrages, on attaqua la ville detrois cötes differens, on Gt agir le be-lier, on öbranla les murs, on fit tomberdes tours; mais les Sagontinsse döfen-daient avec courage. Tons les jours onen vient aux mains; la victoire est sou-vent incertaine, et si l’ennemi fait desbraches, eiles sont aussitöt röparöespar de nouveaux murs. Les Romainsapprirent l’extrdmite oü dtaient rdduitsleursfideles allids; au lieu de voler 4leur secours, on envoie une ambassadeä Carlhage. Elle y fut regue avec hau-teur. Le plus ancien des deputds de-manda la cause du siege de Sagonte .Les senateurs ne rdpondant point ä saquestion: « Je porte, leur dit-il d’unton fier en leurmontrant un pan de sarohe qui ötait plid, je porte ici la paixou la guerre, choisissez. » On lui rd-pondit qu’il pouvait choisir lui-mdme.« Eh bien, je vous donne donc laguerre, repliqua—t-il en deployantle pan de sa robe. « Nous I’ac-ceptons de bon cceur et la ferons demöme, » s’ecrierent les Carthaginoisavecfierte. Ainsicommenga la secondeguerre punique (i’an de Rome 534).Cependant Annibal pressait le siegeavec beaucoup d’ardeur. Les Sagontinsdtaient reduits ä la derniere misere etse voyaient sans ressources. On parlad’accommodemeut; mais les condi-tions leur parurent si dures, qu’ils nepurent se resoudre a les accepter. Lessenateurs tirent porter dans la placepublique tout leur or et leur argeilt, et
celui qui appirtenait en commun 4l’Etat, le jetirdnt dans le feu qu’ilsavaient fait allumer pour cet eilet et s’yprecipiterent eux-mömes. Dans cemoment, une tour, que les beliers frap-paientdepuishng-temps, tombe toutäcoupavecun biuit epouvantable. Ausshtötles Carthaginois entrent en foule dansla ville, s’en rendent maitres en peude temps, et passent au fil de l’epeetous ceux qui dtaient en äge de porterles armes. Malgre l’incendie, le butinfut fort grand: Annibal reserva toutl’or et tout l’argent pour servir a sesdesseins. Ainsi fut prise cette ville in-fortunee, victimie de son alliance avecles Romains, apr'es huit mois du siegele plus cruel et le plus laborieux quifut jamais.
Si(!ge de Cartliage par Jes liomains, 146 an»avaiu Jdsus-Christ.
Carlhage sur pied rappelait toujoursle Souvenir des batailles de Trasimeneet de Cannes . C’etait une perspectiveaffligeante pour Rome. On resolut dela detruire, et ce fut le sujet de la Iroi-sieme guerre punique. A peine lesCarthaginois eurent-iis appris que l’ar-mee romaine approchait, qu’ils eii-voyerent des deputes aux consuls,pour se livrer, eux, et tout ce qui leurappartenait, entre les mains des Ro-mains. Apres leur avoir demande desötages, on leur ordonna de livrer sansfraude et sans delai loutes leurs armes.Cet ordre etait dur, mais il fallait Seresoudre ä l’accepter. .On lexecuta sur-le-champ. On vit arriver dans le campune longue suite de chariots charges detouslespreparatifsde guerre qui etaientdans Cartliage: deux cent mille armu-res compleles, un nombre inlini detraits, de javelots, deux mille machi-nes propres a lancer des pierres et