DE I,A DEFENSE
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imprövue que la premiere, et croyantque toute la ville avait ötö prise, s’en-fuirent dans la citadelle, et y furentsuivis par les troupes mömes qui cam-paient hors de la ville. Elles abandon-nere^f leur camp aux Romains, etsong;//ent aussi ä se mettre en sürete.AsdruHal, irrite de cctte honteuse de-route fit avancer sur les murs tout cequ’il avait de pnsonniers romains, et äla vue des ennemis, il leur fit subir lessupplices les plus cruels. On leur cre-vait les yeux; on leur coupait le nez,les oreilles, les doigts; on leur arra-chait toute la peau de dessus le corpsavec des peignes de fer; enfin, onmettait le comble ä cette barbarie, enles prdcipitant du haut des remparts.Ces exöcutions inhumaines firent hor-reur aux Carthaginois; mais le tyranne les öpargnait pas eux-mömes, etplusieurs sönateurs, qui o’opposaient äson despotisme, payerent de leur vieleur zele trop gönöreux. Scipion sevoyant maitre de risthme, fit cons-truire un mur du cöte des assieges,qu’il acheva au bout de vingt jours, etqui mit ses troupes en sürete, enmöme temps qu’il coupait les vivres äla place, oü l’on n’en pouvait plus por-ter que par la mer, ce qui souffrait detres grandes diflicultös, parce que laflotte romaine faisait une garde exacte.Apres ce grand ouvrage, si heureuse-ment execute, il en entreprit un autreplusetonnant encore; ce fut de fer-mer l’entree du port par une levee.Les assieges insulterent d’abord ä l’ap-parente temerite du consul; mais,quand ils virent que l’ouvrage avangaitconsiderablement, ils commencerentä craindre, et songerent ä prendre desmesures pour le rendre inutiie. Fem-mes et enfans, tout le monde se mit ätravailler, avec un tel secret, que Sci-pion ne put jamais rien apprendre par
les prisonniers, qui rapportaient seule-ment qu’un grand bruit se faisait en-tendre dans le port, sans qu’on süt cequi s’y faisait.
Enfin, tout ötant pröt, les Car-thaginois ouvrirent tout d’un coupune nouvelle entröe d’un autre cötüdu port, e* parurent en mer avecune flotte asser. nombreuse, nouvel-lement construite avec les vieux ma-töriaux qui se trouvürent dans les ma-gasins. On convient que, s’ils avaientütü sur-le-champ attaquer la flotte ro-maine , ils s’en seraient infailliblementrendus maitres, parce qu’ils l’auraienttrouvee sans rameurs, sans soldats,sans officiers. Ils se conteflterent debraver l’ennemi, et ne se pr£senterentque deux jours apres pour se baltreserieusement. Cette balaille devait de-cider du sort des deux partis : eile futlongue et opiniätre. Dans le combat, lesbrigantins carthaginois se coulant pardessous les bords des grands vaisseauxdes Romains, leur coupaient tantöt lapoupe, tanlöt le gouvcrnail, et tantöt lesrames; et s’ils se trouvaient presses,ils se retiraient avec une promptitudemerveilleuse, pour revenir incontinenta la Charge. Enfin, les deux armöesayant combattu avec un ögal avantagejusqu’au soleil couchant, les Carthagi-nois se relirerent, dans le dessein derecommencer le lendemain. Une partiede leurs vaisseaux ne pouvant entrerassez promptement dans le port, parceque l’entree on £tait trop etroite , allamouiller fc/mres d’une terrasse fortspacieuse, oü les Romains les poursui-virent. Le ccatoat recommenga en-core plus vivement aue jamais, et durabien avant dans la nuil. Les Carthagi-nois y souffrirent beaucoup, et ce quileur resta de vaisseaux se refugia dansla ville. Le lendemain matin, Scipionattaqua la terrasse, s’y logea, s’y for-