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Tome cinqième.
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DES PLACJES FORTES.

tifia, et y fit construire, du cöte de laville, une muraille de briques, sur la-quelle il plaqa quatre mille hommes,avec ordre de lancer sans cesse destraits et des dards sur Ies ennemis.Ainsi finit la Campagne de l’an deRome 605.

Au retour du printemps, Scipion at-taqua lout a la fois le port appele Co-thou et la ritadelle ; il se jeta dans lagrande plaie de la ville, voisine deByrsa, et d’oül’on montait ä cette for-teresse par trois rues en pente, bor-dees, de cöte et d’autre, d’un grandnombre de maisons, du haut desquelleson langait une gröle de dards sur lesRomains. Ils furent contraints, avantde passer oulre, de forcer les premie-res maisons, et de s’y poster, pourpouvoir de lä chasser ceux qui com-batlaient des maisons voisines. Le com-bat, au baut et au bas des maisons,dura pendant six jours, et le carnagefut liorrible. Pour nettoyer les rues eten faciliter le passage aux troupes, ontirait avec des crocs les corps des habi-tans qu’on avait tues ou precipites duhaut des maisons, et on les jetait dansles fosses, la plupart encore vivanset palpitans. Dans ce travail, quifut long et pönible, on avait soin dereiayer les soldals, qui avaient suc-combe ä la faligue. Le seul Scipion nevoulut point dormir, ni se donncr qu’äpeine le temps de prendre quelquenourriture. Les assiegös etaient auxabois, et, le septieme jour de cette at-taque, on vit paraitre des hommes enhabit de supplians, qui demandaient,pourtoute composition, qu’il plut auxRomains de donner la vie ä tous ceuxqui voudraient sortir de la citadelle; cequi leur fut accorde. Il en sortit cin-quante mille, tant hommes que fem-mes, qu’on fit passer vers les camps,avec bonne garde. Asdrubal se retran-

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cha dans un temple d’Esculape, avec lestransfuges, au nombre dehuit cents,et sa femme et ses enfans. Il s’y de-fendit encore quelque temps; maisenfin, vaincu par la faim et la faligue,il fallut succomber. Le general carlha-ginois, qui voulait sauver sa vie, vintse rendre secretement ä Scipion, quile fit voir aussitöt aux transfuges. Cesmalheureux, transportes de fureur,vomirent contre le traitre mille inju-res, et mirent le feu au temple. Pen-dant qu’on l’allumait, la femme d’As-drubal, s’etant parec le mieux qu’elleput, vint se mettre ä la vue de Scipionavec ses deux enfans, et apres avoir ac-cable de reproches son perfide cpoux,et invoque contre lui la vengeance desdieux et des Romains, eile egorgea sesenfans, les jeta au feu, puis s’y preci-pita elle-möme : tous les transfuges enfirent autant.

Ainsi tomba la superbe Carthage,cette ville qui avait etc si florissantependant sept Cents ans, et dont l’em-pire etait comparable aux plus vastes,aux plus redoutables puissances. Sci-pion ne put refuser des larmes auxderniers soupirs de cette republiquefameuse, la rivale de sa patrie. Il l’a-bandonna au pillage pendant plusieursjours, et fit mettre en reserve l’or. l’nr-gent, les statues et les offrandes qui setrouverent dans les temples, et ouiservirent d'ornement ä son triomplre.

Sifige de Numancc par Scipion, 133 ansavant IiSsus-Christ.

Les Arvaques, pcuple d’Espagne ,dont Numance etait la capitale, avaientuni leurs forces ä celles de Virialhus.Les Romains songörent ä venger cetteinfraction destraites. Pendant plusieursannees on ne fit que quelques tentati-ves peu importantes. 0' Pompeüus, In