DE LA DEFENSE
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■iremiier noble de la maison des Porn-pee, voulut entreprendre le siege dela capitale; mais il fut battu, et sestroupes furent tellemcnt affaiblies,qu’il cnvoya des agcns secrels pourconclure un traite de paix avec lesTN'umantins. Quand son suecesseur futarrive, il nia qu’il eüt fait aucun traite,et la guerre recommenga de nouveau.Les Romains essuyerent encore degrandes pertes. Popilius, leur general,s’approeha de Numance . Les habitansn’allerent point, suivarit leur usage, ä larencontre de l’ennemi. Ils se tinrentrenfermös dans leurs murs, Sans parai-tre et sans faire aucun mouvement.Cette apparente tranquillite trompa leproconsul; persuade que les assieges,deconragös par les defaites prdcdden-ies, craignaient d’en venir aux mains,il ordonna ä ses troupes d’appliquerles eohelles aux muraiiles, pour esca-lader la ville. On s’empresse d’obeir.Popilius alors, voyant qu’on ne se dis—posaifc pas ä lui resister, congoit quel-que soupgon. Il fait sonner la retraite.Mais le Soldat, flattö d’emporter la villed’assaut, et de s’enrichir du butin , seretire ä regret et lentement. Tout-ä-coup les assieges sortent par plusieursportes, renversent tous ceux qui etaientmontös sur les echelles, poursuiventles antres, et defont une partie de l’ar-mee. Mancinus, suecesseur de Popi-lins, vint mettre le comble a l’ignomi-nie des Romains. Il n’y eut pas unerencontre, il ne se donna pas une es-carmouche oü les Numantins n’eussentl’avantage , en sorte que le Soldat ro-main, decourage, ne pouvait plus sou-tenir ni la voix, ni la vue d’un Numan-tin. Le general voulut dissiper cettefrayeur indigne des legions de la rdpu-blique. Dans cette vue, il s’eioigna deTsumance pendant la nuit. Mais les as-sieges, avertis de sa retraite, partirent
au nombre de quatre mille, coururent,sans perdre de temps. apres les fuyards,donnerent sur l’arriere-garde, en ßrentun grand carnage, pousserent le restedans des lieux fort difficiles et presquesans issue, et qunique l’armee romainemontät ä plus de vingt mille hommes,ils l’envelopperent de teile Sorte qu’ilne lui fut pas possible de se retirer dece mauvais pas. Mancinus, desespere,envoya un herault, pour demanderquelque composition. Il conclut unindigne traite, par le ministöre de Ti-börius Graccus, et partit pour Rome.Ce traite fut declare nul, et l’on conti-nua une guerre qui aflligeait extröme-ment et qui deshonorait le peuple ro-main. Vainqueur de taDt de nations,il voyait,depuis plusieurs annees, tousses efforts öchouer devarit une ville, etses armees presque toiljours battuespar des ennemis qui d’eux-mömesötaient tres faibles, et que la seuleincapacite des gdneraux avait rendusjusque-lä formidables. Pour remedierä de si grands maux, on songea ä met-tre en place un hommc d’un grandmerile, et qui füt capable de retablirl’honneur de la republique. Le des-tructeur de Carthage parut le seul enetat de terminer la guerre de Nu-mance. On le crea consul, et on luidonna l'Espagne pour departement.
A peine Scipion se fut-il montre hses troupes, que tout changea de face:la discipline fut rötablie, le luxe futproscrit. Les femmes de debauche, quise trouvaient dans le camp au nombrede plus de deux mille, les valets inuti-les, les marchands, et tous ceux dontle talentestde nourrirla mollesse etlelibertinage, furent obliges de prendrela fuite. Le soldat s’accoutuma ä re-prendre ses travaux ordinaires, et ä seconformer aux ordres dugenöral. Cetteimportante röforme occupa Scipion