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Tome cinqième.
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DES PLACES FORTES.

devant lui un fossö et «ne muraille sb-che, haute de six picds. Notre ligne deeontrevallalion avoit pres de quatrelieues de tour; notre camp etoit avan-tagcusement situe, et defendu parvingt-trois forts, oü l’on t’aisoit unegarde tres exacte pendant ie jour con-tre Ies sortics inopinees; la nuit on ytenoit des troupes plus nornbrcuses, etpartout des senlinelles.

» Pendant qu’on travailloit ä ces ou-vrages, il se dorna un combat de ca-valerie dans Ia plaine entrecoupee decollines, qui, comme nous l’avons ditplus haut, avoit une Iieue d’etendue;il fut tres opiniätre de part et d’autre.Comme la notre etoit pressee par l'en-nemi,C6sarcnvoya lesAllemands pourla soutenir, et mit ses legions en ba-taille ä la löte de son camp, pour arrö-tör rinlanterie cnnemie cn cas d’atta-quc. Cette precaution ranima notrecavalerie ; et Ies ennemis s’etant misenfuite, s’embarrassoicnt les uns lesautres par leur grand nombre, et s’e-toulfoient en voulant passer par desportes trop dtroites. Les Allemands lespoursuivircnt vivement jusqu’ä leursretranchemens; on en fit un grandcarnage. Quelques-uns abandonnerentleurs chevaux, pour tächer de traverserle fosse et de passer par-dessus la mu-raille. Dans ce desordre, Cesar fit unpeu avancer les legions qu’il avoit pla-cees ä la löte des retranchemens; cequi effraya encore plus les Gaulois quigardoient le camp; ils crurent qu’ilvenoit ä eux du möme pas, et se mi-rent ä crier aux armes. L’effroi en por-ta plusieurs ä se jeter dans la ville;Vercingetorix en fit fermer les portes,de peur que le camp ne füt abandonne.Les Allemands ne se retirbrent qu’a-pres avoir tue bien du monde, et prisun grand nombre de chevaux.

» Vercingetorix resolut de renvoyer

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pendant la nuit toute sa cavalerie,avant que les Itomains eussent achevdleur ligne de contrevallation. En lacongediant, il donna ordre ä chacunde retourner dans son pays, et d’enramener tous ceux qui seroient en ägede porter Ies armes. II leur representales Services qu’il leur avoit rendus, lesconjurant de ne point l’abandonner,et de ne point Iaisser ä la merci desennemis un homme qui avoit tout sa-crifie pour la liberte publique; qu’ilavoit des vivres ä peu pres pour unmois; que ccla pouvoit aller un peuplus loin en les menagcant; mais ques’ils negligeoierit de revenir dans ceterme, ils le feroient perir, lui et qua-tre-vingt mille hommes d’elite. Apr£sleur avoir ainsi parld, vers les neufheures du soir, il fit passer sans bruitsa cavalerie par l’endroit de nos lignesqui n’etoit pas fini; commanda, souspeine de mort, qu’on lui apportät toutle ble qui se trouvoit dans la ville ; ledislribua ä chacun par mesure, maispetite; en fit de möme du belail, dontles habitans de l’Auxois avoierit ameneune grande quantite; puis il fitrentrerdans Ja place toute finfanterie qui eam-poit devant. Dans cet etat, il resolutd’attendre le secours de la Gaule , etse mit cn devoir de soutenir la guerre.

» Cesar, inslruit de toutes ces parti-cularites par les prisonniers et par lesdeserteurs, fit travailler aussitöt auxfortilications suivantes. On creusa d’a-bord un fosse ä fond de cave, dont lesbords etoient escarpes, et qui avoitvingt pieds de largeur et de profon-deur; et, ä quatre centspas de lä, iletablitle reste de ses retranchemens;par la il embrassa autant de terrainqu’il en falloit pour empöcherque l’onne püt si facilement l’envelopper, nivenir ä lui en bataille, et que, par sur-prise, ou de nuit . les ennemis n’ae-r