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Tome cinqième.
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DE LA DEFENSE

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comme plus propre que tout autre äles persuader, parce qu’il etait Juif, etqu’il avait tenu dans sa nation un rangconsiddrable. Ce bon patriote leur fitun long et pathdtique discours, pourles conjurer d’avoir pitid d’eux-mdmes,du peuple, du tempie et de leur patrie.II leur fit voir les malheurs qui les at-ten Jaient, s’ils n’dcoutaient point unavis sage. II leur rappela adroitemeuttous les maux qui avaient accabld leurspdres quand ils avaient cessd d’dtre fl-aues ä Dieu , et les merveülles que cemaitre absolu de la nalure avait opd-rdes en leur faveur, lorsqu’ils lui furentattaches. II finit sa harangue comme ill’avait commencde, en repandant untorrent de larmes. Les faetieux se roo-querent de son zele. Plusieurs furentpersuades, et cherchant ä se sauver,ils vendirent ce qu’ils avaient de plusprdcieux pour une petite quantitd depieces d’or, qu’ils avaldrent, de peurque les tyrans ne les leur enlevassent,et se retirdrent vera les Romains. Titeles regut avec bonte et leur permit d’al-ler oü ils voudraient. Comme il s’enechappait tous les jours, quelques sol-dats s’apergurent de cet or qu’ilsavaient avald. Aussitöt le bruit cou-rut dans le camp que ces transfugesavaient le corps rempli de richesses.Ils en saisirent quelques-uns, leurfendirent le ventre pour verifier cefait et chercher dans leurs entraillesde quoi satisfaire leur abominable ava-rice. Deux mille de ces malheureux pd-rirent de la Sorte. Tite en congut uneteile horreur, qu’il aurait fait tuertousles coupables, si leur nornbre n’eütpoint excddd celui des morts. Cepen-dant ce prince pressait vivement lesidge. Aprds avoir fait dlever de nou-veiles terrasses, pour remplacer cellesque les ennemis avaient detruites, iltint conseil avec ses principaux ofll-

ciers. La plupart proposdrent de domner un assaut gdndral; mais Tite, quin’dtait pas moins avare du sang dessoldats, que prodigue du sien, fut d’unSentiment contraire. Les assiegds seddtruisaient eux-mdmes; qu’dtait-il be-soin d’exposer tant de guerriers cou-rageux a la fureur de ces forcends? IIforma donc le projet d’environner laplace d’un mur qui ne permit plus auxJuifs de faire des sorties. L’ouvragefut distribue entre toutes les legions,et fini en trois jours. Ce fut alors queles faetieux, pour la premidre fois, dd-sespdrdrent de leur salut.

S\ les maux du dehors dtaientgrands, ceux qui consumaient l’infor-lunde Jdrusalem n’dtaient pas moinsterribles. Qui pourrait peindre, s’ecrieJoseph, les tristes efi'ets de la faminequi devorait ces malheureux? Ellecroissait de jour en jour, et la fureurdes sdditieux, plus redoutable encoreque cefleau, croissait avec eile. Rien desaerd pour eux; ils arrachaient toutaux infortunds citoyens. Une porte fer-mee signifiait qu’il y avait des vivres;ils l’enfongaient, et leur tiraient pres-que les morceaux de la gorge avecune violence brutale. On frappait lesvieillards; on trainait les femmes parles cheveux, sans dgards pour l’äge,ou la condition. On n’avait nulle pitidde l’innscent qui pouvait ä peme be-gayer. Ceux ä qui ^ restait encorequelque nourriture, s’enfermant dansle plus secret de leurs maisons, ava-laient le grain sans l’dcraser, ou seremplissaient de viandes crues de peurque l’odeur n’attirät chez eux ces in-quisiteurs inhumains. On voyait seI trainer d’un pas chancelant des hom-| mes enflds, ou plutöt des fantömes, levisage dessechd, les yeux creux, ettomber tout a eoup oü la faim leur don-naitla mort. On n’avait plus ni la force,