DES PI.AOES FORTES.
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ni le courage d'ensevelir les cadavres,tant le nornbre en ötait grand! On nevoyait plus de larmes; les malheurspublics en avaient tari la source. Onn’entendait plus de soupirs; la faimavait etouffe tous les sentimens de I’ä-me. Une multitude afiambe courait g4et la et se jetait avidement sur ce quine serait mbme pas ä l’usage des bbtesles plus immondes. Enfin Titus se hdtade terminer tant de maux par un as-saut general.
On voulut escalader le temple. Lesassiegesrepoussbrent les Romains. Onmit le feu aux portiques, et la flammegagna jusqu’aux galeries sans que lesJuifsse missenten peine de l’eteindre.Enfin ils voulurent faire un dernier ef-fort, et se dblivrer, s’il etait possible,d’un ennemi qui les pressait si vive-ment ou pbrir les armes ä la main etvendre chbrement le peu de vie quileurrestait. Ils sortirent avec impbtuo-sitb par une porte du temple, se jetfe—rent sur les Romains, les enfonebrent;et sans doute ils les auroient poursuivisjusque dans leur camp T si Tite, quivoyait ce combat du haut de la forte-resse Antonia dont il s’btait rendumailre, n’eüt volb promptement ausecours des. vaincus. Les nouvellestroupes font changer la fortune. LesJuifs sont accables par le nombre etcontraints de se renfermer dans letemple dont le prmee ordonne i’assautpour le lendemain. Mais dans ce mo-ment un Soldat, sans en avoir regu I’or-dre, et comme pousse par un mouve-ment surnaturel, se fait soulever parun de ses compagnons, et jette, parune fenbtre de ce vaste et superbe edi-fice une pibce de bois toute enflam-mbe. Le feu prend aussitöt; les Juifss’en apergoivent, jettent de grands criset font d’inutiles efforts pour arreterles progrbs de l’incendie. Titus lui-
; möme accourt avec son armee pour ai-der les rebelles. Le soldat furieux nesonge qu’ä repaitre sa vengeance, ettrompe les desseins de son general.Enfin la flamme consuma tout, et cetemple fameux fut reduit en cendres,la seconde anribe du rbgne de Vespa-sien. Les Romains firent un grand car-nage. Les factieux, par une nouvelleattaque, retarderent lern perte dequelques instans, et se cantonnerentdans la ville et dans les trois toursd’Hippicos, dePhazaelet deMariamne.Les vainqueurs se disposbrent a les as-sieger; mais, ä la vue des machines,les rebelles intimides cherchbrent leursalut dans une prompte fuite et laisse-rent les Romains maitres de tout. Ilspillbrent la ville, tubrent des milliersd’habitans et mirent le feu partout.Tite fut declare imperator, denomina-tion auguste qu’il avait mbritee par sarare valeur. II entra dans Jerusalem entriomphe, admira la beautb et la soli-ditb des fortifieations qu’il fit abattre,ä l’exception des trois tours qu’avaienttenues les factieux. Onze cent millehommes perirent dans ce sibge memo-rable; quatre-vingt-dix-sept mille fu-rent faits prisonniers. Jean fut trouvbdans des egoüts oü ce scelbrat s’etaitcache pour echapper aux Romains, etcondamne ä une prison perpetuelle.Simon fut oblige de se rendre aprbsavoir dbfendu vaillamment sa libertb.II servit ä decorer le triomphe du vain-queur; puis on l’exbcuta publique-ment ä Rome. Eleazar, qui avaitbchappe, s’etant retire dans une for-teresse, fut obligb de se donner lamort. Ainsi perireni ces barbaresqui avaient causb la chute de leurpatrie. Jerusalem fut ruinbe, pour laseconde fois, I’an de Jbsus-Christ 72,et 2177 aprbs sa fondation. Tite,ayant recompensb la valeur de ses