DES PLACES FORTES. 597
extraordinaire, nommö Gerbaut, suiviseulement de cinq hommes, aussi bra-ves que lui, s’avance, tue les premiersqu’it rencontre, renverse les autresdans le fossd, arrache les dchelles,pourvoit ä la süretd de cet endroit, etsauve la ville. Ce fut alors que le roiCharles-le-Gros , qui avait fait d’inu-tiles efforts pour secourir ses fidelessujets, traita avec les Normands, etles fit consentir ä se retirer, moyen-nant sept Cents livrespesant d’argent,qu’on promettait de leur payer dans[uelques mois.
Siäge de Toulouse par Simon de Montfort ,en 1217.
Pierre II, dit le Catholique , roi d’A-ragon, nyant voulu faire une diversionen l'aveur de Raymond, comte de Tou-louse , son beau-fröre, 6tait venu en1213, avec une armee formidable, as-siöger dans Muret, Simon de Mont-fort , implacable ennemi du comteRaymond. Mais Simon de Montfort ,qui avait dans la place douze Cents ca-valiers et sept Cents fantassins, fit unesortie si vigoureuse, qu’il tua aux en-nemis, disent les historiens, quinze ävingt mille hommes; sept mille senoyörent dans la Garonne, et Pierred’Aragon , lui-möme, perdit la vie.
Quatre ans apres, en 1217, Simonde Montfort vint ä son tour assieger lecomte Raymond dans Toulouse . II es-saya d’abord d’y entrer par le chäteaunarbonnais; mais il y trouva des guer-riers intrdpides, et vit ßchouer tous sesefforts. II entreprend alors un siegedans les formes; il livre plusieurs com-bats sanglans; il donne plusieurs as-sauts terribles, et epuise ses forcespendant quatre mois. Un jour enfin,qu’i! menait les assiegds battant jus-que dans leurs fosses, une pierre, lan-
cöe par une femme, l’atteignit & la töteet le tua.
Sidge dTIcnncbon par Charles de Blois ,en 1341.
Charles de Blois , fier de tenir enprison son comp6titeur, le comte deMontfort, marcha vers Hennebon, oüla comtesse de Montfort s’6tait rctiree.Cette ville passait pour la plus forteplace de la Bretagne , et les assieg^sdtaient encore anim^s par la prösenceet par l’exemple de leur incomparablehöroine. Elle fit des prodiges de va-leur. Les plus rüdes assauts se suece-daient presque sans interruption. Ar-m6e de pied en cap, on la voyait com-battre sur la breche, courir ä tous lespostes, cncourager ses gens, les faireavancer, les soutenir. Durant la plusterrible de ces attaques, eile monte ausommet de la forteresse, et de lä, dd-couvrant que la plus grande partie del’armöe ennemie ütait occupte ä l’as-saut, eile descend avec pröcipitation,monte a cheval, suivie de cinq Centshommes, sort par une porte 61oigneede l’attaque, et fond avec la rapiditdde l’dclair sur le camp des assiegeans.Elle renverse ce qui s’oppose ä sonpassage; tout fuit devant eile. Les ten-tes sont arrachees ou livrees aux flam-' mes. Bientot l’embräsement du campest aper§u par les assiegeans. Ils aban-donnent l’assaut pour arröter l’incen-die. La comtesse rassemble sa troupeet veut rentrer dans Hennebon; maisles ennemis se trouvant entre eile etla ville, eile tourne bride, et prend laroute d’Aurai, ou eile arriva heureu-sement , laissant ses ennemis aussi sur-pris que saisis d’admiration, lorsqu’ilsapprirent que c’etait la comtesse enpersonne qui leur avait. donne uneaiarme si vive. Cinq jours apres, eile