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Tome cinqième.
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DE LA DEFENSE

revient ä la töte de sa petite troupe,force un des quartiers des assiögeans,et rentre dans la ville ä la vue de far-mte. Hennebon ne fut pas prise; lacomtesse de Montfort regut d’Angle-terre un secours de troupes, et eileobligea Charles de Blois ä lever hon-teusement le siege.

BIocuj de Calais par Edouard III, roi d’An-glelerre, en 1346.

Aprös la fameuse bataille de Cröci,Edouard, pour profiter de sa victoire,marcha vers Calais , qu’il investit aumois de septembre 1346. Calais 6taitl'une des plus fortes villes qu’eüt alorsla France ; c’ötait la clef du royaume.La bonte de son port y attirait uncommerce toujours florissant. Ses for-tiGcalions ötaient ä l’öpreuve; sonpeuple 6tait guerrier; sa garnisonnombreuse ötait redoutable; enGn lecölöbre Jean de Yienne, son gouver-neur, valait seul une armte entiere.Tant de difGcultes, tant d’obstacles,qui paraissaient insurmontables, ne fu-rent point capables d’effrayer le mo-narque anime de plus en plus par sesIriomphes. Au lieu de presser la villepar des attaques vives et meurtrieres,il se contenta de la bioquer exactementpar mer et par terre. Son camp, qu’ilavait place entre la ville, la riviere deMaye et le pont, devint une espece deville, aussi regulierement fortiGee quecelle qu’il assiegeait; les soldats se bä-tirent des cabanes pour passer l’hiverIls creuserent des retranchements; ilseleverent, de distance en distance, desredoutes, des fosses et des tours qui lesmettaient ä couvert de toute insulte.Cependant on faisait sortir de Calais toutes les bouches inutiles au nombrede dix-sept cents; ces malheureuxproscrits vinrent au camp des Anglais.

Edouard les regut genöreusement, leurGt donner ä diner, et deux Sterlingsä chacun. Cette cruelle precaution neput sauver les assiögös des horreurs dela disette. La place, environnte den—nemis depuis plus de neuf mois, avaitvu disparaitre toutes ses provisions :bientöt la misere devint extröme. Onse vit contraint de manger les animauxles plus immondes. Des chiens, deschats, des souris, möme , etaient desmets dölicieux; et quand on eut epuiseces vils alimens, on se vit reduit ä ladisette la plus affreuse, la plus deses-perante. Neanmoins le courage des ci-toyens se soutenait toujours au milieude tant de maux. L’amour de la patrietriomphait de la nature; ils aimaientmieux mourir que de reconnaitre unautre souverain que Philippe. Ce princen’oubliait rien pour les delivrer. Aprösplusieurs tentatives infructueuses, ilrassembla une armöe de soixante millehommes, ä la töte de laquelle il vint sepresenter ä Edouard. Bientöt il recon-nut l’inutilite de ce nouvel effort: ilenvoya offrir la bataille; le roi d’An-gleterre repondit froidement aux de-putes: « Je suis ici pour prendre Calais » et non pour me battre. Si votre mai-» tre veut combaltre, c’est ä lui de voir» comment il s’y prendra pour m’y» contraindre. » En disant ces mots, ilGt examiner aux deputes toutes les for-tißcations de son camp, et les renvoyavers lemonarque. Philippe, si cruelle-ment brave, fremissait de honte et decolere; mais, vaincu par la necessite, ilse retira, desespere d'abandonner desi braves guerriers et des sujets si G-döles, ä la discretion d'un ennemi vain-queur, et qu’une longue resistanceavait rendu implacable. La retraite duroi mit le comble ä la douleur des ge-nereux citoyens de Calais ; ils ne son-gerent plus qu’ä se rendre. A leur