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Tome cinqième.
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DES PLACES FORTES.

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prifire, Jean de Vienne monta aux cre-neaux des muruilles, et fit signe qu’ilvoulait parier. Edouard envoya Gautierde Mauni et le sire de Basset pour con-ffirer avec lui. « Chiers Seigneurs, leurf dit le gouverneur, vous fites moult)> vaillans Chevaliers en faitsd’armes, et» savez que le roi de France , que nous» tenons ä seigneui, nous a cfians en-» voyfis. et commande que nous gar-» dions cette ville et chätel, si que» Lläme n’en eussions, et lui nul dom-» mage: nous en avons fait notre pou-b voir. Or est notre secours failli, et» nous si estraints, que nous n'avons« de quoi yivre. Si nous conviendra» tous mourir, oii enrager de famine,» si le gentil roi, votre seigneur, n’a» merci de nous, laquelle chose lui» veuillez prier en pitie, et qu'il nous» veuille Iaisser aller tout ainsi qued nous sommes.

» Jean , repondit Gautier, nous sa-» vons une partie de l’intention de» Monseigneur le roi; car il nous l’a» dit: sachez que ce n’est mie son en-» tente que vous en puissiez aller ainsi;» mais son intention est que vous vous» mettiez tous ä sa pure volonte, ou» pour rangonner ceux qu’il lui plaira,» ou pour faire mourir.»

De Vienne redoubla ses prifires et»es instances aupres de Mauni, pour»’engager ä flfichir le courroux du mo-oarque. L’äme genfireuse du Chevalieranglais futpfinfitree de douleur. II pro-mit: il se flatta de reussir. Tous les ge-neraux se reunirent ä lui pour c-almerl’inflexible Edouard; et ce prince, ce-dant enfin ä leurs vives suppücations,leur dit: « Seigneurs, je ne veux mie» fitre tout seul contre vous tous. Sire» Gautier, vous direz au capitaine de» Calais , que la plus grande gräce qu’il» pourra trouver en moi, c’est qu’il ses parte de la ville six des plus notables.

» bourgeois, les Chefs tous nus et tous» dfichausses, les harts au col, et les» clefsde la ville etduChäteleten leurs» mains; et de ceux je ferai ä ma vo-» lontfi, et le ramanent je prendrai ä» merci.»

Mauni se -nata ae porter ces ordresdu vainqueur; et Jean de Vienne lepria d’assister ä la declaration qu’il enallait faire au peuple. Tous les habi-tans, assemblfis sur la place, atten-daient la reponse d’Edouard avec cetteinquifitude cruelle que donnent lacrainte de la mort et l’espfirance de lavie. Dfis que l’arrfit eut fitfi publifi, unmorne silence annonga l’anfiantisse-ment de tous les coeurs. On se regar-dait en frissonnant; on cherchait aveceffroi ces six victimes du salut public;on desesperait de les rencontrer. Enfindes cris lugubres, entrecoupfis de san-glots, de gemissemens et de pleurs, in-terrompirent tout ä coup ce vaste si-lence. Mauni, temoin d’un spectacle sitouchant, ne put retenir ses larmes, etconfondit ses soupirs avec ceux de cescitoyens dfisoles. Cependant le mo-ment fatal approchait: il fallait se dfi-cider. Au milieu de ce peuple vaincupar la douleur, abattu, consternfi, unhfiros, dont le nom doit vivre fiternel-lement dans la mfimoire des hommes,l’honneur de sa patrie, la gloire de laFrance , Eustache de Saint-Pierre, sepresente, et suspend par ses paroles ledesespoir de ses concitoyens. « Sei-» gneurs, grands et petits, s’ficrie le» zfilfi patriote, grand mechef seroit de»Iaisser mourir un tel peuple qui cy» est, par famine ou autrement, quand» on y peut trouver aucun moyen; et» seroit grande gräce devant notre Sei-» gneur, qui de tel mechef le pourroit» garder. J’ai en droit moi si grande» esperance d’avoir pardon en notre» Seigneur, si je meurs pour ce peuple