DES PLACES FORTES.
l’öglise, oü ils se döfendirent encoreavec tant de rösolution au’ils olbtin-xent quartier.
Si^ge ae Rennes par les Anglais , en 1357.
En 1357, les Anglais s’approcherentde Rennes , sous la conduite du duc deLancastre, et en formerent le siege.
II y avait dej s six mois que cette villeimportante ötait investie, rien n’y pou-vaitentrer, et eileötait dans une neces-sitö pressante lorsqu’un bourgeois de laville s’offrit d’allerä Nantes avertir Char-les de Blois du dangcr oü se trouvait laplace. A peine avait-il traverse le campennemi, qu’il rencontra Bertrand Du-guesclin et lui dit le sujet de sonv'jyage. Le Chevalier breton rassembleaussitöt ses gens, qui formaient unepetite troupe, se mpt ä leur töte, vientfondre sur less retranchemens des An-glais , massacre tout ce qu’il rencontre,renverse les tentes, ymet le feu, s’em-pare de deux Cents chariots de vivresqu’il fait marcher devant lui, et entredans Rennes oü il est regu comme unlibörateur. Cet inlrepide guerrier dössa plu tendre enfance ne respirait queles combats. « II n’y a point de plus»mauvais gar$on au monde (disait sa» mere}, il est toujours blesse, le visage» rompu, toujours battant ou battu. Son»pöre et moi nous le voudrions voir» sous terre. » On n’avait pu venir äbout de lui apprendre ä lire. Son Pre-mier soin etait de battre tous les mai-tres qu’on lui donnait. « Je suis fort»laid, disait-il, et partant jamais je ne»serai bien venu des dames; mais puis-» que je suis laid et mal fait je veux ötre»bien hardi. » Cette hero'ique habi-tude etait deja bien contractee lorsqu’ilentra dans Rennes . Le secours d’ar-mes, de vivres qu’il apportait, et sur-tout sa presence, rendirent le courage
601
aux assiögös qui dösormais se crurentinvincibles. Cependant les Anglais ten-terent un dernier effort. Ils firent ap-procher d’effrayantes machines etdon-nerent le jour meme un assaut geuöral.Tout fut inutile; et le duc, dösespöre,fut obligö de faire retraite, quoiqu’il eüijure d’emporter la ville ou de pürir de-vant ses murs. Depuis ce jour, le nomde Duguesclin devint fameux danstoute la France , et l’Angleterre vit döslors combien eile avait a craindre de ceheros naissant.
Si5ge de Reims par les Anglais , en 1359.
Edouard III , voyant que la tröveconclue avec la France dtait expiröe,partitde Calais , en 1359, avecunearmeeredoutable. Le monarque anglais sepresenta devant Reims , dont il esperaitse rendre maitre en peu de temps;mais cette importante place ötait dö-fendue par Jean de Craon son arche-vöque, prelat intröpide, et par uneforte garnison. Les ennemis souffri-rent beaucoup pendant ce siöge, sanspouvoir se flatter d’avoir remportöd’autre avantage que de ruiner les en-virons de la ville. Enfin, aprös sept se-maines d’inutiles efforts, Edouardabandonna une entreprise que le cou-rage invincible des citoyens avait ren-due impossible.
Siitge de Montargis par les An*taia, en 1427.
En 1427, trois mille Anglais , souslaconduite des comtes de Warwick, deSuffolket Jean de la Poll, fondirent surMontargis dans le dessein de s’enrendre maitres. Cette ville, avanta-geusement situee sur la petite rivieredu Loing, se döfendit, durant troismois, par le courage d’une garnisonmediocre que commandait le brave La