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Tome cinqième.
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DES PLÄCES FORTES.

Tandis que la France consterneen’attendait plus que le coup qui devaitconsommer sa perte, une jeune fille,ögöe pour lors de dix-sept ans, s’etaitfortement persuadöe que Dieu la des-tinait a sauver sa patrie : cette jeunefille etait Jeanne d’Arc . Je passe surles details de son histoire, qui sont as-se' connus. Les theologiens, apresplusieurs interrogatoires, deciderentqu’elle ötait inspiree. Le parlement dePoitiers lui fit demander qu’elle mani-festst, par quelques prodiges, la vöritöde ses rövölations. « Je ne suis pas ve-» nue, dit-elle, ä Poitiers , pour faire» des signes; mais conduisez-moi ä» Orleans , et je vous donnerai des si-» gnes certains de ma mission. » Cetteröponse si ferme ötonne, surprendles juges; tous, d’une voix unani-me, d&ilarent qu’il faut se servir auplus tot de cet instrument eheste, quele Tout-Puissant envoie ä la patrie.Charles lui fait donner une armurecomplöte, un etendard, des ecuyers,des pages, un intendant, un chapelain,une suite conforme ä l’etat d’un chefde guerre. La nouvelle amazone semet ä la töte d’un convoi considerable,destinö pour Orleans . Bientöt ses guer-riers sont remplis de son enthousias-me. Elle part, snivie du maröchal deBoussac, de Gilles de Rais , de l’amiralde Culaut, d’Ambroise de Lore, de LaHire; eile arrive, le 29 d’avril, a la vuede la place. Dunois vint au-devant d’el-le. II Pinvite ä satisfaire l’empresse-ment que les habitans avaient de voirleur liböratrice Elle se rend ä sesprieres; eile entre comme en triom-phe. Mille cris de joie se font enten-dre. Des ce moment, les Orleanais secrurent invincibles, et le furent en ef-fet. Tout change : les Anglais , vain-queurs jusau’a ce jour, tremblent auseul nom de Jeanne d’Arc . Ils la croient

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magicienne, d’aussi uonne roi que lesFrangaisla croient inspiree. « AngVais,» leur ecrit l’höroine, vous qui n’avez» aucun droit ä ce royaume de France,» Dieu vous ordonne , de par moi,» Jeanne la Pucelle, d’abandonner vos» forts, et de vous retirer. » On arröteles courriers; on ne röpond que pardes injures ä cette sommation. Jeanne,outragee, mais redoutee, se dispose 4prouver sa mission. Le mercredi, 4 demai, eile choisit un corps de troupes;et, remplie d’une ardeur plus qu’hu-maine, eile se pröcipite sur les fortsennemis, et les empörte apres un as-saut de quatre heures. Elle songe en-suite ä s’emparer du boulevart et dufort des Tourelles, oü l’elite des An-glais s’ötait cantonnee sous les ordresdu celebre Glacidas. Aprös avoir faitses dispositions durant la nuit, eiledonne le Signal aux premiers rayonsdu jour. On la suit; on monte aveceile sur les bröches; on se bat avecardeur; on presse, on enfonce, on cul-bute l’ennemi qui se defend avec Cou-rage . On allait triompher, lorsqueJeanne, blessee ä la gorge, est con-trainte de se retirer pour mettre lepremier appareila sablessure. Son ab-sence öteint le courage des assaillans.Le Soldat perd cette Illusion guerriere,qui le rendait victorieux. Dejä chacunvoulait se mettre en sürete. Dunoislui-möme etait de cet avis; tout-ä-coupla Pucelle se montre : eile court aupied du fort; eile y place son etendard.Son intrepidit;. passe dans tous lescceurs; on redouble d’efforts; on ou-blie les premieres fcdigues. Les An-glais fuient; le boulevart est emportö.Le lendemain, les vaincus se rangenten bataille du cötö de la Beauce. LesFrancais , toujours conduits, toujoursanimes par leur heroine, se prösentent^ans le möme ordre, resolus de com-