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Tome cinqième.
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DE LA DEFENSE

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battre, quoique fnferieurs en nombreMais ces ennemis, autrefois si fiers etsi terribles, n’osent tenir devant eux;ils s’öloignent precipitamment; ilsabandonnent leurs malades, leurs ba-gages, leurs vivres, leur artillerie, etprös de cinq mille morts. Ainsi, contretoute esperance, la ville d’Orleans futJelivröe le 8 de mai 1429. La recon-Daissance publique s’öpuisa, en quel-|ue Sorte, pour temoigner ä Jeannel’Arc combien on sentait vivement Ia|randeur de ses bienfaits. Le roi l’en-noblit avec son pöre, ses trois fröres et»oute sa posteritö. On lui örigea unestatue sur le pont de la ville qu’ellevenaitde sauver; et, pour öterniserlamemoire de cet heureux evencment,on ötablit une föte, que la tourmenterövolutiorinaire avait suspendue quel-que temps, mais que Napoleon a glo-rieusement rötablie, et qui se cöldbretous les ans le 8 mai. On y prononcel’öloge de Jeanne d’Arc , qui, depuis cesiöge memorable, n’est plus appelöeque la Pucelle d’Orleans.

Stege de Compiegne par les Anglals, en 1430.

En 1430, les Anglais vinrent assi6-ger Compiegne. Jeanne d’Arc et Xain-trailles s’y jeterent pour la döfendre,mais Jeanne d’Arc fut faite prison-niere, dans une sortie, peu de joursaprös. Les altaques furent poussöesavec toute l’ardeur imaginable. Ondressa les batteries; on creusa des roi-nes qui furent öventöes, et dans les-quelles plusieurs des assiegeans perdi-rent la vie. Le seul boulevart qui cou-vrait la töte du pont. du cöte de la Pi-cardie, se defendit pendant plus dedeux mois. Cette glorieuse rösistanceötait reffet du zöle, de l’habilete et ducourage de Flavi, gouverneur de Com-piegne , que quelques auteurs ont ac-

cusö sans fondement et möme sansvraisemblance, d’avoir trahi Jeanned’Arc , en faisant fermer trop töt labarriöre. Ce vaillant capitaine ötait se-conde par Philippe de Gamaches, abböde Saint-Pharon de Meaux , brave ec-ciesiaslique, qui croyait avec raison lagloire de defendre la patrie compatibkavec la vie religieuse.

Cependant Compiögne, mvestie de-puis six mois, se trouvait reduite auxdernieres extrömitös. La famine, pluspressante encore que les efforts desennemis, ne laissait entrevoir qu’unaffreux avenir . Le conite de Ligni seflattait d’entrer bientöt dans la ville.Tout-ä-coup Vendöme , Xaintrailles etplusieurs autres capitaines paraissent,ä la töte de quatre mille combattans,pour secourir la place. On court au-devant d’eux; de part et d’autre on seränge en bataille, et l’on reste en pre-sence. Pendant ce temps, un dötache-ment fran^ais entre dans Compiögne,se joint ö la garnison; et, sous la con-duite de Flavi, attaqueune bastille dö-fendue par le maröchal Brimen et leseigneur de Crequi. Deux fois, ils sontrepoussös; mais, animös par Xain-trailles et par les habitans, hommes etfemmes, qui venaient en foule parta-ger le pöril et la gloire, ils atlaquentpour la troisiöme fois, et emportent leposte. Ce succös enflamme leur cou-rage; ils construisent un pont de ba-teaux, passent l’Oise , et se rendentmaitres d’un second fort sur le bord decette riviere. Les ennemis, effrayös,abandonnent une troisiöme bastille. IIne leur en restait plus qu’une. Leurgönöral, qui dösespörait de pouvoir ladöfendre, y fait mettre le feu, et lövele siöge avectant de pröcipitation, qu’ilabandonne la moitiö de son bagageses vivres, ses munitions et son artil-lerie aux vainqueurs.