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Tome cinqième.
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DES PLAOES FORTES.

COT

Sieges de Bclgrade, 1 un par Amurat II, en1439, l’autrc par *»->honiel II, cd 1455.

Au confluent au Danube et de laSave, s’eleve Ia ville de Beigrade, ca-pitale de la Servie. Sa Situation avan-tageuse sur une colline, la bontc deson port, les remparts qui la defen-dent, ses richesses, la multitude de sescitoyens, en lirent de tout temps unlieu cölebre. Le premier prince infidelequi l’attaqua fut Amurat II. Ce mo-narque, suivi de toutes les forces deson empire, passa le Danube vers l’an1439, s’arröta devant Beigrade, l’en-vironna de ses troupes, et la foudroyajour et nuit avec des canons de centlivres de balle; mais rien n’etait capa-ble d’intimider les courageux habitansde cette ville, rösolus de s’ensevelirsous les ruines de leur patrie plutötque de se rendre. Dös les premieresattaques, le grand-seigneur abattit unepartie des fortifications. Les bourgeoisse presenteren! ä la breche, et repous-sörent les Musulmans ä coups d’arque-buses et de flaches. Les Turcs, cons-ternes de cette disgräce, n’oserentpendant plusieurs jours s’approcherdes remparts. Enßn, un capitainenommö Ali, guerrier intrepide, vint äbout de se retrancher sur le bord duf'ossö. De ce poste avantageux, il chasseles assiöges, les poursuit par la breche,^donne l’assaut, et se repand dans larille; il s’en croyait le maitre. Tout-ä-coup les habitans se rassemblent, fon-dent sur ses soldats, les font sortir parla möme breche apres en avoir tue leplus grand nombre. Cette malheureusetentative decouragea tellement lesTurcs, qu’Amurat leva le siege et ren-tra dans ses provinces.

En 1455, Mahomet II , qui venait demonter sur le trone ottoman ä la place,

d’Amurat son pere, voulut couronne'ses exploits par la prise de Beigrade. Dl’investit par terre, tandis que ses vais-seaux la bloquaientdu cötö du Danube .Ladislas, roi de Hongrie , campait au-delä du Danube avec une grande ar-mee. Ce prince, voyant bien qu’il per-drait la place s'il n’ecartail les galeresdes infidöles, fit monter sur de grandsbateaux l’ölite de ses troupes, et tombasur les Turcs avec tant de furie, qu’ilprit vingt de leurs navires, en coulaplusieurs ä fond, et mit le reste enfuite. Cette victoire lui rendit la com-munication de Beigrade, oü il fit entrerle fameux Jean Corvin , plus connusous le nom d’Huniade, Vayvode deTransilvanie et gouverneur de Hongrie .Ce grand general ötait seconde par uncordelier nommö Jean de Capistran ,misdepuis au rang des saints, et quele pape Alexandre VIII avait envoyden Hongrie pour y pröcher la Croisade.Ce respectable moine, profitant en ha-bile homme de la vdndration que lestroupes avaient pour sa personne, par-courait les rangs, montrait aux soldatsla couronne du martyre suspendue surleur tdte et les remplissait d’un zele re-ligieux. Dans toutes les sorties, il semettait ä la töte des combattans le cru-cifix ä la main; il se trouvait partout oüle danger dtait pressant; il obligeaitles guerriers ü pdrir plutöt que de re-culer, Ses paroles, ses exemples etaientun stimulant contre la crainte, et lestroupes qu’il conduisait rentraient tou-jours victorieuses. üependant l’artille-rie musulmane faisait de terribles ra-vages; deja les remparts offraient unelarge bröche. Mahomet ordonna l’as-saut, conduisit ses troupes sur le borddu fosse, l’emporta, se jeta dans la ville,et fit commencer le pillage sans öprou-ver de resistance. Le calme trompeur(lui regnait dans Beigrade ötait l’effet